Posté le 25 février 2026 par La Rédaction

Ciné et mémoire propose des programmes récréatifs à partir de films anciens pour les maisons de retraite, les associations ou les écoles.

Il n’a pas forcément le sourire facile, Jean-Charles Boulay. Pour autant, difficile de le comparer à Buster Keaton, l’homme qui ne souriait jamais, dont il doit posséder quelques films dans sa galerie de bobines… Mais s’il ne sourit pas beaucoup, il a en tout cas un cœur « gros comme ça ». Avec Ciné et mémoire, qu’il a lancé avec quelques amis voilà quelques années, il a réussi à réunir sa passion des techniques et son amour des gens. Car des bobines de films, muets ou sonores, il en a rassemblé un millier, en format 16 mm. Par exemple un film sur la « Croisière noire » de Citroën (en 1924-1925) ou sur les 24 heures du Mans de 1956, qu’il a présentés voilà quelques mois à Saint-Jean-sur-Veyle, dans l’Ain, à un groupe d’une cinquantaine de passionnés de vieilles voitures. « Ce qui est intéressant, c’est surtout le travail que l’on fait au niveau des maisons de retraite », explique-t-il pudiquement… Car si des films anciens sont projetés dans des associations ou des municipalités, c’est surtout dans les maisons de retraite qu’agit Ciné et mémoire. En 2025, « on a fait trente interventions », principalement à Mâcon et sa périphérie bien sûr. Mais Ciné et mémoire a aussi répondu à une demande à Brénod, dans le Haut-Bugey, la preuve que la réputation de la structure s’étend.

Un coup de grisou…

Quel intérêt y a-t-il à organiser une projection de films vieux de cinquante, soixante ans, voire d’un siècle ou plus ? « On a commencé l’aventure vraiment par hasard. On a projeté dans une maison de retraite à Montceau-les-Mines un film sur un coup de grisou dans une mine, avec des images des  femmes qui attendaient derrière les barreaux que l’on remonte les corps. Et là, il y a trois papis qui se sont mis à pleurer pendant la projection et après à raconter la mine. L’animatrice est venue me voir ensuite pour me dire que depuis deux ou trois ans qu’ils étaient entrés à la maison de retraite, ils n’avaient jamais ouvert la bouche… À partir de là, avec un ami gérontologue, un psychologue et des animateurs, on a regardé pour monter un programme pour les maisons de retraite. Un programme qui serait récréatif, et qui en même temps stimulerait la mémoire des pensionnaires. » Des films vraiment en rapport avec leur vie, souvent d’ailleurs leur vie professionnelle, ou sur le passé culturel, le folklore, les chansons. Les programmes se font en fonction des demandes des gens, précise Jean-Charles Boulay. « C’est vrai que l’on a un panel énorme de films, sur à peu près tout, avec des actualités et des publicités des années 50. Les gens adorent. »

En faire quelque chose d’utile

Après la projection, il y a un temps pour la discussion, assez long. « Le but de la manœuvre, c’est de faire remonter des souvenirs », insiste cet ancien pépiniériste et greffeur viticole aujourd’hui à la retraite qui rappelle les objectifs de Ciné et mémoire : « Une aide à la stimulation intellectuelle et à la culture de la mémoire par l’image cinématographique ; une aide à la sortie de l’isolement des personnes âgées ; une animation en direction des seniors, des associations et des écoles ». L’association, branche cinématographique du Conservatoire régional des sciences et techniques, possède en outre une petite salle de projection dans un véritable cabinet de curiosités sur Mâcon, où elle peut répondre à des demandes de groupes de particuliers. C’est il y a une vingtaine d’années, dans une école d’agriculture à Châlon, que Jean-Charles Boulay découvre un projecteur et quelques bobines. « J’ai pensé, c’est fabuleux ce truc, et j’ai commencé à ramasser quelques films de droite à gauche… C’est après la projection à Montceau-les-Mines que je me suis dit qu’on pourrait en faire, en plus, quelque chose d’utile… »

Pour tout renseignement : 07 70 28 47 14 et https://cineetmemoire.jimdofree.com/