Arrivé à Prissé-Mâcon l’été dernier, Kelsey Williams a déjà joué dans dix pays différents. Il nous livre ses souvenirs les plus marquants.
« Où d’autre suis-je allé ? » s’interroge en rigolant Kelsey Williams (36 ans), en énumérant tous les pays où il a joué. « Roooh, ma liste est tellement longue… Donne-moi une minute ! » Professionnel depuis 2013, l’intérieur de Prissé-Mâcon a finalement recouvré la mémoire. Le pays manquant, le 10e en tout, était l’Irlande. Pas le plus exotique à côté de tout ce qu’il a vu par ailleurs : du Tchad au Paraguay, en passant par le Maroc et le Brésil… « J’aurais pu me présenter à la Draft NBA, mais je n’y suis pas allé, explique l’Américain. Ce que je voulais faire de ma carrière, c’était parcourir le monde. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé en Espagne pour démarrer. Ça a l’air débile, hein ?! » Une vie de nomade, parfois solitaire, qui n’est pas faite pour tout le monde. Le natif de Sandusky (Ohio) évoque certaines de ses connaissances qui ont arrêté le basket parce qu’elles n’en pouvaient plus d’être loin de chez elles. Lui, sociable et avenant, n’est pas près de se sentir isolé ! « Je suis toujours souriant, donc j’arrive aisément à discuter avec les gens. J’essaie constamment de maîtriser un peu la langue. J’ai toujours envie d’apprendre et de découvrir. »

Afrique
« J’ai joué au Maroc, en Guinée, au Cameroun et au Tchad. C’est différent, là-bas… Ça m’a ouvert les yeux : c’est en Afrique que j’ai appris à plus respecter ma vie qu’avant. J’ai vu des enfants vivre en groupe, sans leur mère, sans personne pour s’occuper d’eux. Pour moi, c’était une obligation de leur donner un peu d’argent quand je les voyais dormir dans la rue. Je n’avais jamais rien vu d’aussi triste dans ma vie. Cela m’a fait repenser à ma jeunesse : j’étais pourri-gâté par ma mère, je pleurais pour un jouet. Eux pleuraient pour un bout de pain. Ça m’a fait changer mon rapport à l’argent et mon style de vie. Le souci, c’est qu’on n’est pas toujours sûr de toucher son salaire. Avec une équipe, je n’ai jamais vu la couleur de mon argent. J’étais au début de ma carrière, un peu naïf, ça m’a servi de leçon. Tout ce que l’on me promet maintenant, je le veux écrit sur un contrat. C’est comme ça qu’on fait du business (il rit). »
Amérique du Sud
« C’est un endroit magnifique ! Les paysages sont sublimes. Je suis passé par l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, où j’ai été champion et MVP (meilleur joueur, NDLR). C’était top de gagner quelque chose, j’ai encore le trophée (il rit). Là-bas, j’avais l’impression d’être LeBron James ! Ils n’avaient jamais vu ma couleur de peau, donc tout le monde voulait prendre une photo avec moi (il rit). Au magasin, on m’arrêtait de tous les côtés. C’était génial ! »
Europe
« Je suis allé dans plusieurs villes en Espagne (Caceres, Gérone, Barcelone), j’ai aussi joué en Irlande. J’adorais leur accent ! Depuis 2015, à part une pause de deux ans pour m’occuper de mon père, je suis toujours resté en France, car j’ai un sentiment de confiance à l’égard du pays. J’ai des amis, je me sens à l’aise ici. J’ai passé deux ans au Puy-en-Velay, trois ans à Aubenas, j’ai aussi joué à Tourcoing et Rousset. Et là, je suis à Prissé, où tout le monde est cool et agréable avec moi. Peut-être que je vivrai encore en France après ma carrière. Ou peut-être que je rentrerai aux États-Unis. Ce sera juste bizarre de ne plus jouer. Je me surprends moi-même avec mon niveau actuel ! Avant qu’il ne décède, j’ai promis à mon père que je n’abandonnerai pas le basket tant que je peux encore jouer. Je suis persuadé de pouvoir continuer encore 4 ou 5 ans. »