« Faire mieux… » Tel était l’objectif du pilote, classé l’an dernier 38e – et 10e Français – sur 103 finishers, pour sa première participation au Dakar. Une position honorable mais pas suffisante pour le Buxynois, avide de retourner chahuter le sable pour viser le top 30. C’est 33e qu’il a bouclé sa seconde édition, heureux mais harassé après une compétition qui, en un an, a « passé un cap » en termes de difficulté.
« C’est mon frère qui fait de la moto, au départ. Je l’ai copié ! » Et peu à peu le loisir est devenu passion. Julien Dalbec a moins de 10 ans quand il s’entraîne, sur le terrain attenant à la maison. Et rapidement, il participe à des courses de motocross. À mesure qu’il progresse, il apprend aussi à se connaître. Car si le sport transcende, il est aussi un excellent moyen de trouver ses limites… pour savoir les dépasser sans se mettre en danger. A fortiori sur ce type d’engin. « Plus jeune, j’ai fini avec 13 fractures. J’ai joué au cascadeur, ça n’a pas pardonné ! » reconnaît le trentenaire, aujourd’hui autrement plus raisonné et conscient de devoir bien s’entraîner pour performer. « C’est beaucoup de sorties longues à moto. Mais aussi du vélo, de la course à pied, du renfo musculaire. » Notamment le haut du corps malmené au gré des terrains et nombreux kilomètres à parcourir. 8 000 en 14 jours. « Et l’on roule 10 ou 12 h par jour… »
Un film
Épreuve physique donc, mais surtout formidable aventure humaine pour le pilote, engagé en amateur et résolu à goûter son plaisir… « Il y a aussi beaucoup de gens derrière, ça crée toute une ambiance. » Une ferveur même, qui a porté Julien davantage encore que l’an dernier. Parmi l’équipe autour de lui, celle de presse capte chaque instant de la course. Images et sons. Un terreau dont le trentenaire se sert pour composer un film, dévoilé d’ici avril au public par le biais d’une présentation au cinéma de Chalon puis d’un partage sur YouTube. « L’idée, c’est de montrer la course, côté coulisses… » Permettre à ceux qui ne connaissent pas la discipline d’appréhender le rythme et la « gestion des paramètres » dont tous les pilotes – chaque jour des 14 passés en Arabie saoudite – doivent s’acquitter. Sur le plan matériel, avec pour Julien une KTM 450 Rally Replica. Soit « ce qui se fait de plus abouti« . Celui technique, avec le suivi rigoureux des caps indiqués au roadbook. Celui mécanique, avec une prépa fonction du terrain annoncé. L’hygiène de vie aussi, laquelle passe par assez d’heures de sommeil – « J’essaie huit ! » – et une nutrition adaptée, si ce n’est composée sur mesure. Le mental enfin, en amont comme le temps de la course… « car c’est une course d’endurance et beaucoup de stratégie« . Le film à paraître se veut le reflet juste de l’aventure Dakar. Julien Dalbec y est vrai. Dans l’euphorie et l’abattement des bons et mauvais moments. Mais à son goût il en manque. Il en manquera toujours. « Il faut le vivre, c’est le seul moyen…«

Bien sûr, Julien nourrit le projet d’y retourner. « Je peux encore faire mieux. » Mais c’est un gros budget. Près de 70 000 €, tout confondu. « Je ne ferme pas la porte à d’autres marques que KTM ; je pense à celles chinoises, notamment, qui souhaiteraient me proposer de rouler pour elles. » Avis aux sponsors en quête d’un nouvel ambassadeur ! « En mars au plus tard, il faut savoir si je repars. » Et, à partir de là, tout donner pour performer. Et entrer, enfin, dans le très sélect top 25.