Site icon Mâcon | Magville

À Laizé et Blany, l’association Culture et patrimoine à pied d’œuvre

Ce samedi de septembre, ils étaient là. Réunis au pied du colombier pour couper le ruban et marquer la fin du chantier qui les aura occupés plus de 5 ans. Un jour de fête, où habitants et officiels ont salué la qualité du travail mené, et la passion avec laquelle tous ont œuvré pour rendre au village une pièce maîtresse de son patrimoine. Rencontre avec les bâtisseurs.

Jean-Paul, président de l’association, entouré de Bernard vice-président, et de Georges, membre et ancien jardinier à la Ville de Mâcon.

« Nous étions une bande de copains passionnés d’histoire et de patrimoine », décrit Jean-Paul Charbon, le président. Ainsi donc, a commencé l’histoire. L’association Laizé Blany culture et patrimoine est née fin 2016, sur les encouragements de la maire de l’époque, Hélène Friat. Association dont l’action vise à recenser et restaurer le patrimoine de la commune… « Nous avons pu compter sur deux personnes, aujourd’hui disparues : l’ancien maire et secrétaire de l’association Jean-Claude Boulay, et le natif d’ici Albert Baudras-Chardigny, qui toute sa vie a mené des recherches et les a consignées dans un fonds documentaire que son fils nous a légué. » Une base de travail pour les 150 adhérents et 20 bénévoles qui, chaque jeudi depuis 8 ans, se réunissent pour restaurer les ouvrages tombés en ruine, chacun apportant, par sa contribution, sa pierre à l’édifice de la mémoire collective. Si les membres tiennent à la convivialité de leurs rencontres, ils apprécient aussi la multiplicité de leurs savoir-faire. « Notamment en charpente et couverture, maçonnerie, métallurgie, infographie… » liste Jean-Paul, lui-même ancien ingénieur bâtiment dans la fonction publique territoriale. Autant de compétences mises au service de l’intérêt général et mobilisées au gré des projets de l’association. « On tient un inventaire du petit patrimoine. De ces bâtis – lavoirs, fours, puits, poids public, colombier – laissés à l’abandon faute de moyens pour les entretenir. Notre rôle est de les réhabiliter, pour en faire des points de rencontre pour les habitants du village. » À partir de cet inventaire, et en concertation avec la commune, l’équipe identifie l’ouvrage qui fera l’objet d’une restauration. Elle monte son projet, trace les plans, compose un dossier technique, et en appelle au mécénat public, par le biais de la Fondation du patrimoine. « On organise aussi des ventes de pain, au four que l’on a réhabilité à Blany. » Les soutiens sont multiples – dons en numéraire, en matériaux, en temps passé sur le terrain – et « tout est investi dans le patrimoine ». Les membres de l’association s’emploient aussi à baliser les points d’intérêt patrimonial, installant pour chacun un panneau retraçant l’histoire du bâti et, pour ceux passés entre leurs mains, les photos avant-après. Bien sûr, le contraste est saisissant.

Il en est ainsi du colombier « de Givry », à Laizé, auquel se sont attelés les membres de l’association début 2019. « À l’époque, décrit Bernard, vice-président, c’était une ruine. Il n’y avait pas de toit, les arbres avaient poussé à l’intérieur, le lierre recouvrait les murs et tout autour, c’était un pré immense. » Un tableau qui tranche radicalement avec celui qu’ont composé les membres et bénévoles pendant 5 ans et présenté à l’occasion de l’inauguration aux habitants. Le chantier a été réalisé en deux tranches distinctes, l’une confiée à une entreprise qui a repris le fût, soit la structure même du bâti, pour y poser la charpente, et l’autre assurée par l’équipe de Laizé Blany culture et patrimoine. « On a géré tout le reste… y compris l’aménagement intérieur. » Les quelque 1000 nichoirs ont été débouchés, réenduits, chaulés, l’échelle montée sur une potence a été reproduite, le sol jusqu’alors en terre battue a été carrelé, la fenêtre servant de barre d’envol conservée, une porte donnant sur l’allée créée. Tout, jusque dans les détails, a été pensé, et parfaitement réalisé. Le chantier aura demandé près de 4 500 h de travail. Un temps consigné en photo par Jean-Paul pour témoigner des différentes étapes de réalisation. Pour dire aussi l’efficacité d’une équipe formée sur le tas à la restauration d’édifices en péril. « Celui qui sait apprend à l’autre. » Le chantier, en bas du village de Laizé, aura mobilisé son lot de bénévoles et attiré les curieux ravis de constater à chaque passage une nouvelle avancée. « Ils voient qu’au-delà de nos campagnes d’information, il y a du concret. » Si la fierté prime au sein de l’association, c’est de la reconnaissance que lui témoigne la population, heureuse de recouvrer un espace superbement aménagé. Un espace « bientôt transformé en salle d’exposition » promet le président. Un lieu de vie, tel que tous l’ont voulu… et fait devenir.

Après le lavoir de Laizé, les four et puits de La Planche, et donc le colombier de Givry, l’équipe aborde avec joie son nouveau défi. Celui de rebâtir le four de la Bouquine, à Laizé toujours, partiellement détruit. Un chantier de dévégétalisation a déjà été mené. Reste maintenant le plus gros.

Quitter la version mobile