Au rang des établissements mâconnais, il truste la première place. L’ensemble scolaire Notre-Dame Ozanam affiche un score quasi maximal avec un taux de réussite à ses épreuves, le Brevet et le Bac, de 99 %. « Ces résultats ne sont pas ponctuels« , veut dire le proviseur Éric Bon pour montrer combien l’excellence au sein des établissements n’est pas le fruit du hasard ; l’un et l’autre portant leurs élèves au haut niveau grâce au travail mené par les équipes… « Il y a l’accompagnement scolaire, mais aussi celui de la personne tout entière. » Construction des adultes de demain, donc, à laquelle s’appliquent les enseignants des collège Notre-Dame et lycée Ozanam avec une ouverture aux acteurs associatifs et économiques, de la ville comme de pays partenaires. « On fait entrer le monde dans l’établissement » assure le proviseur. De quoi attiser la curiosité des élèves et leur faire, par le biais d’actions diverses, entrevoir les mille découvertes qui les attendent après l’école. À eux, ensuite, d’ouvrir les portes.
Garder espoir
Pilier de l’enseignement catholique, la foi est ici objet de toutes les attentions. A fortiori face à « l’avenir désenchanté » de la jeune génération. « S’ils partent dans la vie avec une vision négative, nous serons passés à côté de notre mission. » Ainsi l’équipe pédagogique œuvre-elle, par la nature des contenus qu’elle dispense et des projets qu’elle porte, à redonner confiance en les jours à venir. À travers aussi ce précepte : la prévalence du nous sur le je. Du collectif sur l’individuel. Du fédérateur sur l’excluant. Tout en donnant à chacun les clés pour grandir, et s’épanouir… Un rôle aux contours imprécis quand, de plus en plus, « on confie à l’école des missions incombant normalement aux familles ! » note M. Bon. L’école toutefois, veille et accompagne les élèves sur les sujets à enjeu dans leur tranche d’âge. Soit les violences, notamment celles à caractère sexuel, les conduites addictives et l’utilisation des écrans. « Si l’école cède, je ne donne pas cher de notre société… » Parents et enseignants œuvrent ainsi main dans la main, partenaires au service du bien-grandir des jeunes. « Il faut maintenir le dialogue« , par lui le lien de confiance. Et « mettre les moyens » pour ne laisser personne au bord du chemin. En tant que collège et lycée catholiques, rappelle le proviseur Éric Bon, « on accueille tout le monde« . Pas une élite quelconque. « Ce qu’il faut regarder, c’est le nombre d’élèves que l’on mène jusqu’à la terminale, quel que soit leur niveau de départ. » Et il y en a beaucoup.
Mille vies
Depuis la réforme du Bac en 2021, « les filières n’existent plus« . Un système révolu – avec entre autres voies celles littéraire, scientifique et économique et sociale – auquel on préfère depuis le choix de trois spécialités selon son talent et son goût pour telle ou telle matière. « On peut piocher de tous les côtés » assure M. Bon. Soit oser des combinaisons impossibles jusqu’alors et composer ainsi un parcours sur mesure. « Encore faut-il lever l’autocensure« , et donner à tous un même niveau d’information pour ne plus cantonner les filles aux lettres et garçons à la science… « Depuis le collège, on parle des métiers qui existent. Au lycée, on fait venir d’anciens élèves, en études supérieures ou professionnels, pour témoigner de leur parcours. On met le paquet sur la présentation des formations ! » Sur l’anglais aussi, avec une section européenne et la possibilité de passer le double diplôme français et américain pour, au sortir du système scolaire, être capable de parler couramment. « Parcoursup est un outil formidable pour connaître les prérequis des formations et bien choisir ses options… Il faut avoir une vision à long terme et, dans la mesure du possible, ne pas subir son orientation. » Même si la tendance n’est plus aujourd’hui à exercer toute sa vie le même métier. Une perspective nouvelle encourageant à cumuler les expériences et ajuster tout du long son parcours. « Les jeunes vont changer mille fois d’entreprise, pour des métiers qui n’existent pas encore. Ce qu’il faut travailler, c’est son adaptabilité. » La société a prouvé qu’elle en était capable. Quid de ceux qui la rejoindront demain ? « Il n’y a qu’à voir tous ceux qui reviennent et nous remercient… » CQFD.
