Le Mâconnais d’adoption Antoine Mentré a créé une plate-forme de click and collect invitant à grouper ses achats sur Internet et récupérer ses commandes dans les commerces de proximité.
C’est sur son temps libre qu’Antoine, ingénieur informatique de métier, met à profit ses compétences pour développer ses projets. D’abord Osteo2ls – prononcé tools – servant à la gestion des cabinets et plannings des ostéopathes. Et désormais Heustach, une plate-forme rassemblant des acteurs locaux tous univers confondus permettant de commander leurs produits en click and collect. Deux créations pensées pour rendre service. Si Osteo2ls, créé il y a 20 ans maintenant, a constitué un laboratoire et un support de veille technologique pour son fondateur, Heustach concentre lui tous les apprentissages de cette première expérience. Parmi lesquels cet essentiel : le recours à un serveur qui ne fonctionne qu’à la demande ; soit en cas de visite sur le site uniquement. « Ça représente une économie énorme. » Un savoir-faire technique, donc, doublé d’une prise de conscience au lendemain du Covid : « On voyait des files interminables chez McDo et les petits restaurateurs mettre la clé sous la porte. » Ainsi est née l’idée de soutenir les commerçants. Ceux de bouche d’abord, et finalement tous les autres. « Y compris les assos. »
Heustach, pour vous servir
Il est un peu ce majordome à qui l’on fait appel au gré de nos envies et besoins. « Mais Alfred était déjà pris… » En amateur de vieux prénoms, Antoine pense ensuite à Hubert : un nom déjà pris également ; puis Eustache. « À l’inverse d’Uber qui a tronqué le H initial, on l’a ajouté devant et supprimé le E final. » Heustach se veut l’outil par lequel on passe de l’achat depuis son canapé – avec souvent la flemme ou le manque de temps pour faire le déplacement – à la visite en boutique pour retirer sa commande. Car telle est l’ambition d’Antoine : inciter à la flânerie en ville plutôt qu’en centre commercial. « D’autant plus à Mâcon où l’on se croit en vacances toute l’année… » Parole d’ancien Francilien. De viser aussi tout à la fois la jeune génération, encline à ne consommer qu’en ligne ; et celle moins jeune, plus frileuse en matière d’achats sur Internet. Si le système de click and collect est le combo parfait entre e-commerce et commerce de proximité, il est aussi un soutien concret pour ces gérants d’adresses physiques, trop souvent délaissées au profit de grands complexes en zone périphérique. Si ce n’est au profit des sites seuls. « Le click and collect garantit à l’acheteur la disponibilité de son produit. Il permet aussi de faire de réelles économies. Comme pour un drive, on n’achète que ce dont on a besoin… Sans compter l’économie sur le coût du transport, lequel vaut souvent de faire l’effort et d’aller chercher soi-même ! » Antoine reconnaît toutefois un charme en boutique invitant à la dépense au-delà des montants alloués initialement. « Comme en grande surface… À la différence près que là, ça profite au petit commerçant. »
Une commission à 25 cents
C’est sur ce chiffre que repose le business model d’Heustach. Chiffre permis par l’économie, permise elle-même par l’infrastructure serveur en back office. Avec des frais de fonctionnement proportionnels au volume de visites, Antoine parvient à l’équilibre. À lui désormais de « recruter » des prestataires pour garnir l’offre et booster la fréquentation de son site. Neuf sont aujourd’hui inscrits sur la plate-forme ; et plusieurs autres en passe de l’être. « Il n’y a pas de droit d’entrée, le seul risque est de perdre du temps à référencer ses produits. Et encore, je suis là pour aider à la saisie ! » L’avantage étant pour l’acheteur de voir sur une même page l’ensemble des inscrits, et d’y penser pour de prochaines commandes… Bien sûr, l’existence préalable d’une boutique en ligne n’est pas incompatible avec une inscription sur la plate-forme : « Ça ne fait que plus de visibilité ! » Saluée par les commerçants, l’initiative se cantonne pour l’instant à Mâcon et 30 km alentour. En attendant, peutêtre, un développement à l’échelle natio ! Quant à la livraison ? « Pas pour l’instant. Si livraison il y a, elle devra être éthique et permettre la juste reconnaissance de ceux qui l’assurent. » Une aventure à suivre, et à soutenir.