De leur amitié depuis l’enfance, du terreau culturel installé par leurs parents et cultivé plus tard dans leurs études, leur goût pour l’univers medieval fantasy, aussi… Baptiste et Quentin ont bâti un projet. Celui d’une fiction audio musicale où l’un officie aux dialogues, l’autre à la compo musicale. Son nom ? Momento Mortis.
L’idée est venue de Baptiste. « Je trouvais ça cool de faire un truc ensemble. » Alors il expose le projet, auquel Quentin adhère immédiatement. À tel point qu’il soumet quelque temps plus tard un synopsis inspiré de leurs références communes. « On est de grands amateurs de jeux de rôle, Lanfeust de Troy, Elric, Le Donjon de Naheulbeuk entre autres. L’ambiance est sombre, les personnages torturés mais forts d’une grande réflexion et emplis d’idéaux, ils mènent une quête et ont souvent à leurs côtés foule de créatures non humaines. On a repris l’ensemble des codes du genre. » Il manquait encore le titre… que Quentin a proposé après être tombé sur la locution latine Memento mori pouvant être traduite par « Souviens-toi qu’un jour, tu mourras ». Remaniée juste assez pour conserver l’intonation, ils en servent une interprétation originale : Momento Mortis, dans un format entre fiction audio et comédie musicale, développé aux États-Unis, mais encore confidentiel en France. « Quand on n’a aucun élément visuel auquel se raccrocher, on sollicite les autres sens. » De quoi éveiller l’imaginaire et permettre à tous de projeter l’univers, comprendre et s’identifier aux personnages.
Trois saisons
C’est le cadre que se sont fixé les cocréateurs pour leur projet, après la définition du premier épisode. Un épisode pilote dont ils ont soumis la trame à plusieurs lecteurs extérieurs, notamment des profs de l’École professionnelle des arts de la scène, à Mâcon, pour s’assurer de la cohérence de l’ensemble… « On part sur 6 épisodes – à raison de 20, voire 25 minutes chacun – par saison, et 3 saisons au total, pour éviter les séries qui n’en finissent plus. » Un format contraint, qui force à dévoiler constamment de nouveaux éléments, « et n’en laisser aucun au hasard. » Aussi le duo soigne-t-il la qualité des dialogues et de l’ambiance sonore, pour une immersion réussie au cœur de l’intrigue. Conformément au modèle choisi : la quête, les personnages rejoignent un lieu secret faisant l’objet de nombreuses légendes et attisant la convoitise. Qu’adviendra-t-il de la jeune mage Aurore, et de ses compagnons de voyage ? « Chacun est là pour une raison, et tous devront faire face à des défis qui chambouleront leur morale. L’idée, c’est de montrer dans quelle mesure nos espoirs nous nourrissent, et de décrire la façon dont on réagit lorsqu’ils ne nourrissent plus. Deux visions s’affrontent, tantôt la résignation ou la résilience. » Une quête à deux échelles, donc : l’une pour trouver une issue ; l’autre pour se trouver soi.
Incarner
Si Baptiste et Quentin sont à la manœuvre, ils comptent sur le talent de comédiens voix expérimentés pour incarner leurs personnages. À la veille du casting organisé début août entre Mâcon et Lyon, où l’un et l’autre résident après avoir grandi respectivement à Laives et Sennecey-le-Grand, le duo avait dressé le portrait des profils attendus pour permettre aux candidats de rentrer dans la peau des personnages, tant au dialogue qu’à la chanson. « L’enregistrement a lieu cette rentrée, courant septembre ou octobre, avec une sortie prévue d’ici fin 2025. » De quoi concrétiser la passion des deux jeunes hommes pour le spectacle et avoir enfin un projet palpable à présenter. Reste à caler la diffusion de la série sur les plates-formes, et assurer sa promotion sur les radios locales. Avant, peut-être, de proposer une déclinaison sous forme de concerts ou de spin-off. L’histoire ne fait que commencer.
