Posté le 21 septembre 2022 par Marine Chevrel

Il est des massifs dont on ne se lasse pas. Repaire des randonneurs de tous poils, les Alpes ne manquent pas, chaque fois, d’en mettre plein – les jambes et – les mirettes !

Un peu après la frontière suisse, une fois passé le départ des populaires lacs Blanc et Chésery au col des Montets, s’élève le barrage d’Emosson. Lui aussi point de départ de nombreuses randonnées, avec vue directe sur le massif du Mont Blanc. La traversée du barrage, à fleur d’eau côté lac, permet d’apprécier le bleu turquoise tranchant avec le vert des arbres en pourtour et des fleurs parmes… Très vite, le marcheur engage la montée – sur route ou sur sentier – jusqu’au second barrage, au pied du Vieux-Émosson. La montagne est grise, l’eau laiteuse, le contraste saisissant ! Devant nous déjà, il se dresse. Le Cheval Blanc avec, jusqu’à son sommet, un sentier étroit et pentu. Comme il n’est pas de meilleure sensation que celle d’attendre – avant de profiter d’une belle vue, comme de manger ! -, le marcheur rejoint d’abord le col de la Terrasse, cherchant au gré de ses pas les cairns et points colorés. La végétation a disparu. À l’appel seulement : pierres, et bleu du ciel. Quelques lacs aussi, dont rien ne vient troubler le calme à la surface. La trace rejoint l’itinéraire initial. D’abord en descente puis, bien sûr – et d’autant plus -, en une montée ardue. De celles qu’il faut aborder sans trop regarder en haut ! L’objectif, c’est le pas d’après. Rappelle-toi Le Lièvre et la tortue. L’arrivée au sommet se fait au prix de quelques manoeuvres délicates, aidées par autant de chaînes, cordes et pas métalliques… Rien d’insurmontable, pour qui prend le temps. Le souffle, déjà coupé par la montée, l’est davantage encore par la vue. Un lac (Vieux-Émosson), un barrage, à nouveau un lac (Émosson), un barrage, et tout autour, une succession de montagnes.

À la satisfaction, succèdent la curiosité et l’envie d’aller plus loin. Plus haut. Car à 2 831 mètres, il ne manque que peu d’efforts à fournir pour passer les 3 000. Une barre symbolique. Le sentier, sur la crête d’abord, en pente et rapidement sur un dévers costaud, approche peu à peu du géant. Un géant nommé Buet, à 3 096 mètres d’altitude. Abordé généralement depuis Vallorcine, à raison de 1 800 mètres de dénivelé, il est parmi les plus hauts sommets alentour. Il offre d’ailleurs une vue imprenable sur toute la chaîne du Mont Blanc. Une alternative, moins rude et tout aussi prometteuse en matière de paysage, mène au refuge du Grenairon (idéal, pour faire étape). Et pour les plus téméraires, jusqu’au Bout du monde. C’est son nom. Un cirque parsemé de cascades monumentales. La montée au Buet, en aller-retour depuis Émosson, suffit à clore une bonne journée. Vient la descente, que l’on attend puis regrette… Cette pensée, aussi : encore la moitié ! La sensation d’un retour plus long est familière. Pénible et parfois douloureuse. Mais toujours, on y revient.

Départ : Barrage d’Émosson (2 h 45 depuis Bourg)
Distance AR : 25 km
Dénivelé : 1 700 m
Point culminant : 3 096 m