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Dany Boon va faire mieux, en mars au Spot

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L’artiste renoue avec ses premières amours et présente sur scène son dernier spectacle : Clown n’est pas un métier. Rencontre avec un rigolo qui a grandi.

Vous signez votre retour sur scène après 7 ans d’absence. Est-ce ici ou au cinéma que vous vous sentez le mieux ?
Écrire un film, travailler avec une équipe, c’est passionnant, mais c’est un travail totalement différent. Faire rire les gens en direct, sur scène, c’est quelque chose qui me manquait. Je ne me rendais pas compte à quel point. C’est un retour aux sources, à ce que je sais faire et ce grâce à quoi j’ai eu cette belle carrière. C’est jubilatoire !

• Observer le monde suffit-il quand on est humoriste ? Ou faut-il aussi en faire l’expérience pour savoir le raconter ?
Bien sûr il faut le vivre, parfois aussi le subir, pour avoir le recul nécessaire et savoir en rire. Les gens se reconnaissent, jusque dans les sujets les plus dramatiques. Dans mon premier sketch, je jouais un dépressif qui disait « Je vais bien, tout va bien ». Si l’on prend le sujet seul, ce n’est pas joyeux ; mais en trouvant un angle humoristique, on arrive à en (faire) rire.

• Vous abordez notamment les mauvaises appréciations de vos profs sur vos bulletins…
On l’a tous eu : « Peut mieux faire ! » Ces bulletins qu’il faut ramener à la maison et faire signer par les parents, c’est toujours un moment dramatique. C’est comme demander à un condamné à mort d’apporter une rallonge ! Je parle aussi de ce que faisaient mes parents, et que je fais à mon tour pour mes enfants : acheter des devoirs de vacances. Vous savez, ce truc où, même sur la couverture vous avez en photo des enfants qui jouent sur la plage et un O dans le titre en forme de bouée. Une torture ! Quand, au premier trimestre, je ne foutais rien à l’école, mes profs notaient « Daniel vient en touriste ». En même temps, je n’avais pas eu de vacances…

• Votre spectacle s’intitule Clown n’est pas un métier. Est-ce un pied-de-nez à ces profs qui ne donnaient pas cher de votre carrière quand vous étiez enfant ?
Oui, c’est vrai ! Ces réflexions assassines, ça marque. J’avais un prof de français au collège, qui disait « Vous ne lisez pas assez, vous allez avoir des lacunes, savoir s’exprimer c’est une grande liberté… » Je m’en souviens aujourd’hui encore et, finalement, c’est ce qui m’a encouragé à m’y mettre et fait aimer la littérature. Sans dire que ce spectacle soit un pied-de-nez, je pense que j’ai prouvé l’inverse : oui, clown est un métier. Mieux : c’est une passion. À partir du moment où l’on a trouvé sa voie, il faut se battre pour y arriver. C’est quelque chose que je dis aux jeunes qui se lancent : faites-le comme un truc artisanal, sans revendiquer ce que vous avez fait auparavant, en vous remettant chaque fois en question, en prenant un projet après l’autre, avec les réussites et les échecs. Le succès est toujours un accident heureux.

• Line Renaud et Isabelle Nanty sontelles le genre de femmes que vous auriez aimé avoir comme professeures à l’époque ?
On est très amis, avec Isabelle. J’adore travailler avec elle pour la mise en scène, elle est un miroir merveilleux. Ce n’est jamais évident d’écrire un spectacle tout seul. Les moments où l’on déflore les textes sont des moments de grande fragilité. On travaille dessus le soir, on les relit le lendemain et l’on est prêt à tout remettre en question. Si l’on n’a pas quelqu’un qui porte dessus son regard bienveillant et toute sa sensibilité artistique, comme le fait Isabelle, on pourrait très bien se dire qu’on arrête et que ça ne fonctionnera pas. Mais d’un seul coup, on joue sur scène et ça marche… Je suis comme un enfant, surpris et heureux de devoir m’arrêter pour laisser les gens rire. C’est grâce à elle. Quant à Line, elle est comme ma maman, on se voit très souvent.

• Le message à retenir est-il de faire ce que l’on aime, quitte à ne pas rentrer dans les cases ?
Mes parents étaient très angoissés de me voir embrasser une carrière artistique. Ce désir de vie d’artiste n’est jamais évident pour les parents, il n’y a que peu de gens qui réussissent. Les enfants doivent trouver ce qui les passionne, et les parents les encourager à faire ce dont ils rêvent… et non ce qu’ils avaient projeté pour eux.

• Quel regard portez-vous sur l’école aujourd’hui ?
Les enfants n’ont plus les mêmes commentaires sur leur bulletin. Un élève nul à chier, on dira qu’il a un trouble de l’attention. Les surdoués d’aujourd’hui sont les branleurs d’hier… Mais au-delà des notes, l’important est de faire l’effort. On ne peut pas punir ou en vouloir à son enfant s’il a essayé. La cour de récré, c’est aussi le reflet de la société. Les enfants s’y construisent comme de futurs adultes et apprennent à vivre avec altérité. Ils y rencontrent l’autre, trouvent leur place et forgent leur identité.

• Vous serez le 14 mars sur la scène du Spot à Mâcon. Chaque date de la tournée vous fait-elle l’effet d’un contrôle ou d’une fête de l’école en fin d’année ?
C’est une fête ! Même si, bien sûr, j’ai le trac : je veux que les gens rient et que la soirée soit un succès. C’est un peu comme quelqu’un qui fait un plat compliqué et qui espère que les convives passeront un bon moment à table. Pour l’instant, ça se passe bien. Ça démarre même très fort. Je suis un artiste épanoui et heureux.

Clown n’est pas un métier
Vendredi 14 mars, à 20 h au Spot de Mâcon.
Tarifs : 49 à 64 €
Billetterie sur www.ckelprod.com

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