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Il était une fois… Pierre Delye à la Pimenterie

agenda deyle tournee grand contes

Sa mère, déjà, était une « conteuse remarquable« . L’imaginaire de Pierre Delye est très tôt nourri de mille histoires, qu’il partage plus tard avec ses camarades. « Quand on vous écoute, ça vous donne envie de parler… » Et lui ne craint pas de s’exprimer devant public. Il met d’ailleurs toute son énergie et sa conviction pour mener l’auditoire jusque dans des contrées lointaines, redécouvrant à chaque fois les histoires au gré du lieu, de l’instant, des rires et des silences, de la tension et de l’ambiance. Bref, l’essence du spectacle vivant. Avec ce que cela comporte d’inattendu : « Mais vive le vertige ! C’est pour cela que l’on se prépare… » Si le conteur compte bien sûr sur l’interaction de son public – « Quand il veut jouer autant que moi, c’est le frisson ! » – il n’en demeure pas moins le meneur du jeu, apportant le conte comme un cadeau sur scène. « J’ai confiance en les histoires que je raconte. Ce sont elles qui me portent.« 

Et quelles histoires, alors ? Le répertoire des contes traditionnels merveilleux, « comme chez grand-mère et grand-père« , assorti d’un riche travail de réécriture par Pierre. « Prenez Cendrillon. On connaît la version de Perraud, avec Un jour mon prince viendra… Tu veux un Prince ? Sers-toi dans le placard ! Une version d’avant Perraud présente la princesse comme n’ayant ni besoin ni envie d’un prince incapable de la retrouver sans sa chaussure. Perraud écrivait pour la cour du roi, il n’était pas pensable qu’il se fasse jeter… » Car symboliquement, le conte correspond à une époque et se veut le reflet de ses codes – notamment sociaux. Ainsi le conte de Cendrillon revu par Pierre termine-t-il sans enfants ni mariage, mais « ensemble et très heureux« . Entre autres possibilités. « C’est affaire de sensibilité » assure le conteur et observateur du monde, dont le travail consiste à trouver les mots justes pour partager « ce qui [m]e touche et [m]e met en colère« . Soigner la symbolique aussi et veiller à ce qu’un même terme fasse référence à la même chose pour tout le monde. « L’ours par exemple est tantôt un gros balourd, le roi des animaux, voire une métaphore de l’homme sauvage. » Un vrai travail d’adaptation familier aux traducteurs, constamment en quête des bonnes équivalences pour ne jamais trahir la valeur sémantique du texte d’origine… « On trouve toujours passéiste ce qui n’est pas 2.0 ou 5.1. N’empêche qu’on raconte toujours des histoires et qu’elles continuent de porter ! » Et pour cause : les sujets sont universels. « Ce n’est que la forme qui change. » En témoigne l’intervention du conteur auprès d’ados en zone prioritaire. « Une jeune en 6e décrivait un pédophile dont un garçon du quartier venait la sauver en mobylette. Tous les archétypes du conte étaient présents, ils ont été naturellement adaptés à son environnement. » Des histoires, Pierre en a mille en tête, et il en clamera quelques-unes samedi 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, aux grands et petits enfants, ceux sages et pas sages,  ravissant le public et l’équipe bénévole et passionnée de la Pimenterie. Vous serez là aussi ?

La Tournée des grands contes
Samedi 6 décembre, à 20 h à la Pimenterie de Saint-Point
Le prix ? 14 €

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