Café-brocante. C’est le nom, le concept aussi, que Valérie a choisi pour installer il y a six ans et demi La Ferronnerie. Un espace volontairement laissé dans son jus, sublimé par un agencement soigné et parsemé de pièces tantôt historiques – conservées pour faire sens -, iconiques pour qui les a connues à l’époque ou féériques, tant elles renvoient à mille souvenirs d’enfance.
Tout était écrit. Le projet dans sa tête ; sa concrétisation dans l’Univers. « J’ai toujours rêvé d’un endroit comme celui-là« , sans jamais douter de la viabilité du modèle. C’était sans compter son plébiscite par les visiteurs, friands de lieux atypiques et chaleureux comme celui qu’elle a composé. Portée par l’idée d’avoir une affaire – celle-ci exactement – depuis plus de 30 ans, Valérie a, sans le savoir à l’époque, visé très juste. « C’est le lieu qui a tout déclenché ! » Une ancienne ferronnerie, dont l’âme et l’ombre de M. Bontemps, l’ancien propriétaire et artisan, emplissent encore chaque recoin de l’atelier… Le temps s’est comme arrêté, au-delà des porte et grille donnant respectivement sur la rue du Docteur-Privey et la place du Champ de Mars. Avec, dès le seuil, un voyage. « J’ai toujours été dans le commerce, avec une sensibilité forte pour l’esthétique et l’art de présenter les objets. » Quiconque entre fera le constat. Le décor est la combinaison savante et sensible de ce que Valérie a récupéré des lieux à son arrivée, chiné sur les brocantes et placé de part et d’autre, au gré de ses inspirations. Une table, des chaises, un abat-jour, une bonnetière, des tapis, mille gamelles. L’atelier d’antan est à la fois musée, boutique, salon. Un espace protéiforme et vivier de références en tout genre. « J’entends souvent les clients dire que leurs parents, leurs grands-parents avaient tel ou tel objet chez eux. » Chacun se faisant un plaisir de conter le souvenir, l’anecdote. « C’est ce que j’aime, dans le fait de présenter les meubles : partager leur histoire. » Et elles sont nombreuses, à voir combien tout, à l’intérieur, dans la cour et sous le préau, a été sélectionné et parfaitement mis en scène. Le tissu est abîmé parfois, les surfaces tantôt piquées, rouillées ou éraflées. La matière vit et le cœur bat, sous le métal et le béton. Un écrin minéral mille fois réchauffé par la passion de Valérie. C’est un repaire bohème, un joyeux bordel, une enfilade de coins comme on les aime. « Et tout, ou presque, est à vendre… » Façon de faire vivre aussi les collections qui garnissent sols, murs, meubles et plafonds. « Il y a de tous les styles et de toutes les périodes, jusque dans les années 70. » Et, pour les pièces neuves, le fil conducteur de la quincaillerie : « Il ne fallait pas dénoter« . Alors il y a des produits ménagers, bien sûr, certains en vrac, tout un rayon en brosserie, ce qu’il faut de peinture pour les meubles et de teinture pour les tissus, de la papeterie, même des cartes à l’effigie du lieu. Mille trésors, dans un ensemble de bric, surtout de broc’, rehaussé par des plantes dont le vert étincelle à toute saison sous les rayons du soleil. La Ferronnerie est une poésie lue à voix haute. Une ode à l’ici et maintenant. Un appel à la pause, que l’on savoure ici agrémentée d’un café, d’un cookie, d’une glace ou d’une part de gâteau fait du jour, sur des notes de musique diffusées à bas volume, au contact toujours chaleureux de la maîtresse des lieux. Valérie, qui vit chaque jour un nouveau rêve. Évidemment.
La Ferronnerie
13, rue du Docteur-Privey à Tournus
Jours et horaires d’ouverture mis à jour chaque semaine sur Google
