La Ville de Cluny a une fois de plus soigné la composition de sa saison culturelle. Derrière un visuel sans identité incarnée, mais engagé et invitant plus que jamais à tous les imaginaires, elle combine dans sa programmation cinéma, marionnettes, cirque, musique, théâtre aussi, pour satisfaire à tous les appétits et permettre à chacun de trouver dans les spectacles proposés un terrain d’exploration, de réflexion, et d’évasion sans limite.
La sélection de la rédac’
• Histoires invisibles, par la cie Graine de vie et l’Alliance française de Dhaka
Le spectacle – de marionnettes – sera présenté pour la première fois en France fin septembre, avec un passage par les Arts mi-octobre. Né de la rencontre entre Laurie Cannac et une équipe artistique bangladaise, Histoires invisibles transporte de fantaisie en frisson dans un monde animiste revigorant, où les plus ancestrales croyances semblent n’avoir été perpétuées que pour répondre aux dilemmes les plus contemporains. L’histoire est celle de deux scientifiques qui étudient l’impact des fantômes du Bengale sur la folle circulation à Dacca, capitale du Bangladesh. Ils pensent bien maîtriser leur sujet quand, sans crier gare, leur sujet prend vie et les embarque jusque dans la jungle des Sundarbans, soit la plus grande mangrove du monde, dans un périple fantasmagorique qui les bouleversera.
Mardi 14 octobre, à 20 h. Dès 9 ans. Durée : 1 h. Tarif : 10 €
• Vive, par la cie Superlune
La pièce vient emplir de sens le mot « Parole » éclosant des ailes du papillon sur le visuel d’ouverture de la saison. Parole, comme celle que l’on bride et qu’on libère plus tard, pour vomir le mal et panser les failles. À l’instar de la jeune et brillante cheffe Anaïs Lacascade accusant son père – ambassadeur lui-même de la gastronomie étoilée – de l’avoir abusée de ses 7 à 14 ans. La scène passe tour à tour de la plaidoirie de l’avocat au tribunal aux témoignages de l’entourage, en passant par l’enfance et son lot de souvenirs malheureux. Dans ce clan, la violence est scellée par le silence et les non-dits, transmis de génération en génération. La parole est une question de vie ou de mort. La meurtrie mais combattante Anaïs recouvrera le goût des mots, celui de vivre et d’officier en cuisine. Avec le feu qui non plus la dévore, mais la nourrit. Un chant d’espoir.
Mardi 18 novembre, à 20 h. Dès 13 ans. Durée : 1 h 25. Tarifs : 12 à 17 €
