Ils ont 5, ou 75 ans. Ils sont en fauteuil, hyper timides et aussi valides. Ils ont une lumière dans le regard qui force le respect. Et surtout, ils dégagent une telle émotion positive qu’on ne peut retenir frissons ni larmes face à la scène. Ils, ce sont les danseurs inclusifs de l’École professionnelle des arts de la scène de Mâcon. Rencontre avec celle qui les accompagne dans ces temps d’échanges chorégraphiés : Stéphanie Freyer.
• Trois mois après la ferveur populaire des Jeux paralympiques, on parle plus que jamais d’inclusion. Peux-tu nous expliquer ce qu’est réellement la danse inclusive ?
C’est une activité qui permet de rassembler des valides et des personnes qui ont un handicap quel qu’il soit : physique bien sûr, mais aussi une phobie sociale, un mal-être corporel suite à une maladie ou un accident. Une mamie isolée a rejoint le groupe de danseurs pour recréer du lien, une maman et sa fille y vivent des instants de complicité pour lever leur appréhension face au handicap. Au-delà de la danse elle-même, c’est surtout un temps de partage, de contact bienveillant, de reprise de confiance en soi et en les autres.
• La danse inclusive est donc une activité sociale avant tout ?
C’est en effet l’objectif premier : (re)créer du lien, apprendre à gérer le contact entre un valide et un déficient, toujours avec cette extrême bienveillance, à gagner en autonomie. Il y a également un côté artistique, bien sûr : la danse va développer les aptitudes corporelles, motrices et sensorielles, l’autonomie, la conscience de l’espace en libérant le corps et l’esprit. La musique aide à lâcher prise et l’usage de médiateurs tels que des foulards aide chaque danseur à se dépasser, à agrandir sa bulle, ceci dans un cadre non médicalisé.
• Comment en es-tu venue à proposer cette discipline, toi qui es professeure de danse jazz et directrice d’une école professionnelle de chant, danse et théâtre ?
Je suis la marraine d’un enfant né grand prématuré. Je suis donc sensible à ce sujet depuis très longtemps. J’ai aussi toujourseu l’envie de transmettre ma passion de la danse à tous les publics. Or, les personnes handicapées étaient très, trop rares dans les Conservatoires que j’ai fréquentés. Après avoir collaboré avec des instituts spécialisés en région parisienne où je proposais notamment des ateliers de danse descriptive pour les malvoyants et aveugles, je me suis formée en danse-thérapie. Quand je suis arrivée à Mâcon, la MJC Héritan puis le Département m’ont permis d’ouvrir de premiers cours de danse inclusive, que je poursuis aujourd’hui à l’EPAS.
• Est-ce que tu as perçu un effet JO sur cette activité ?
Oui, on sent qu’il y a plus de curiosité et un meilleur accueil des activités. Je l’ai ressenti lors de notre démonstration pendant 123 Mâcon au Spot en septembre. Je dirais toutefois que l’effet tient autant aux JO qu’au film d’Artus : Un p’tit truc en plus.
• Quand aura-t-on la chance de vous revoir sur scène ?
Rendez-vous le 1er week-end de juin pour le spectacle annuel de l’EPAS, dont mes élèves des cours loisirs et de danse inclusive feront de nouveau la première partie !
Plusieurs activités sportives sont ouvertes aux personnes handicapées dans le Mâconnais : tennis, escrime, aviron, musculation, tir à l’arc, sarbacane, basket escalade ou encore équitation. Sans oublier le judo, largement mis à l’honneur par la Mâconnaise Sandrine Martinet, médaillée d’argent aux Jeux paralympiques de Paris 2024.
