Star de Charnay, Monique Akoa-Makani va quitter le CBBS en fin de saison. Elle s’apprête à passer dans une autre dimension avec un contrat à Bourges et un essai en WNBA à Phoenix.
Qui se souvient de son premier match avec Charnay ? Le 8 octobre 2022, en 1/32es de finale de la Coupe de France, elle était complètement passée au travers à Monaco (2 points à 1/3 aux tirs et 4 balles perdues)… Deux ans et demi plus tard, c’est en véritable star locale que Monique Akoa-Makani (24 ans) va quitter le CBBS, direction la… WNBA (l’équivalent féminin de la NBA, le championnat américain), avec un contrat pour le camp d’entraînement des Phoenix Mercury. Le symbole parfait du grand écart vécu en trois saisons en Saône-et-Loire par l’internationale camerounaise. Débarquée en 2022 en provenance de Nantes, elle avait commencé par signer une saison en deçà des attentes en Ligue 2 (6,5 points à 33 %). « La première année avait été très difficile pour moi », rembobine-t-elle. En cause, un rôle de capitaine très précoce (à seulement 21 ans) qu’elle n’avait pas su gérer. « J’étais très fière de l’être aussi jeune, mais je n’avais pas conscience de tout ce que ça impliquait. Ça a absorbé toute mon énergie. J’ai été une bonne capitaine, mais pas la joueuse que je voulais être. » Cela n’empêchera pourtant pas Charnay de remporter le titre de champion de France LF2. Pour l’exercice suivant, en 2023-2024, changement de décor ! Délestée du brassard, Monique Akoa-Makani se révèle aux yeux de la France du basket en première division (12,6 points à 44 %), avant de confirmer de façon éclatante cette saison (14,5 points à 45 %, 4,1 rebonds et 5,4 passes décisives), où elle peut prétendre au trophée de meilleure joueuse du championnat. « Si ne plus être capitaine est ce qui m’a permis d’exploser ? Honnêtement, oui, car je ne l’ai pas vécu comme une sanction, plutôt comme une opportunité de ne penser qu’au basket. Ça m’a semblé naturel de le faire, tout en sachant que c’est un rôle qui reviendra dans le futur. » Peut-être pas dans les prochains mois, où la Lyonnaise (arrivée en France à 9 ans) va découvrir le grand monde, à la fois testée par Phoenix et embauchée par Bourges, le club français le plus titré de l’histoire. L’opportunité de réaliser ses rêves de carrière. « J’ai toujours eu de très grands objectifs », confiait-elle plus tôt cette saison, avant de dire oui au Mercury et au TBB. « J’aimerais jouer un jour en EuroLeague et en WNBA, tout en amenant le Cameroun sur le toit de l’Afrique et vers les compétitions mondiales pour la première fois. » Et si un jour tout cela devient réalité, il faudra alors se rappeler que tout a commencé à Charnay, avec trois saisons en forme d’ascension, entre 2022 et 2025. « Ce que l’on vit depuis le début est incroyable, exceptionnel, s’enthousiasme-t-elle. J’ai trouvé une vraie famille en arrivant ici. Ce club est totalement en accord avec la personne que je suis et les valeurs que je cherche à transmettre. » Non, Monique Akoa-Makani ne pouvait vraiment pas rêver d’une meilleure piste de décollage que le CBBS…


