Posté le 30 novembre 2023 par La Rédaction

Thomas et Guillaume. Deux potes d’enfance, deux gars du cru, bons vivants, exilés en ville un temps mais revenus au bercail pour un projet commun : Carnacus. « Disons qu’on est d’assez bons fêtards… » Soit d’assez grands amateurs de bière ! « Pendant le Covid, quand tout le monde chez soi s’est mis à faire du pain, nous on a plutôt pensé à faire de la bière ! »

Les débuts, avec comme seule prétention de répondre à leur conso personnelle, se font dans un garage, avec les moyens du bord et des infos trouvées sur Internet. À force de tests plus ou moins concluants, le duo affine sa technique, fait goûter aux copains (qui valident sans réserve) et se structure pour vendre sur les marchés. « On a découvert qu’en changeant un seul paramètre dans la recette, le résultat pouvait être complètement différent… » Un terrain de jeu infini qui séduit les garçons au point de les faire lâcher leurs postes respectifs dans la finance et le bâtiment, et se lancer en plein dans l’aventure. Une formation auprès de la Brasserie fondamentale (LBF) « et de ses grosses bécanes » complète le bagage théorique et assoit la légitimité du binôme comme artisans. « La bière, c’est de l’eau, du malt, du houblon et de la levure. Le tout, c’est de savoir comment les utiliser… »

Fines bulles

« L’originalité d’une bière n’a de limite que l’imagination de celui qui la brasse ! » Les recettes farfelues ont vécu, pour Thomas et Guillaume. « On s’est amusés, mais aujourd’hui ce n’est plus notre créneau. » Aussi le duo tire-t-il l’originalité de sa gamme dans sa façon de faire – une méthode dite Dry Hopping, pour houblonnage à froid -, qui développe la palette aromatique des variétés blondes et IPA. Il mise aussi sur une carbonatation très différente des bières belges, pour une pétillance en fines bulles et une teneur légère en alcool. « Pour pouvoir en boire plus d’une ! » À ce jour, Carnacus compte trois sortes de bière : une blonde, une blanche et une IPA. Et très bientôt une brune, et soit une rousse, soit une ambrée. « On pense aussi proposer des recettes saisonnières, pour piquer la curiosité des clients tout au long de l’année. »

Nouveaux locaux

Après un an à distribuer ses produits, tant en vente directe aux particuliers qu’à près de 90 clients pro (restaurateurs, hôteliers, cavistes, épiceries fines), Carnacus s’installe dans le fief de ses fondateurs, à Charnay, dans un local d’environ 250 m2 mêlant local de prod’, point de vente (y compris la location de tireuses et fûts), atelier de brassage et brew pub « à ne pas confondre avec un bar ». L’idée, plaident Thomas et Guillaume, est de consommer sur place autour d’une assiette de charcuterie et fromage en prenant part à la découverte du process de fabrication. Tant par la théorie, avec les explications du binôme, que par la pratique, en venant brasser soi-même sa bière dans des contenants de 20 l, et à partir de recettes prédéfinies. « C’est un format qui convient particulièrement aux enterrements de vie de jeune fille et garçon ou aux sessions de teambuilding. » L’avantage étant de pouvoir repartir avec sa production ! Au-delà de son savoir-faire, le duo veut partager son engagement pour une production responsable, tant sur le plan de l’hygiène – « C’est le secret ! La bière est aussi sensible que du lait : une bactérie, et l’ensemble du brassin est perdu ! » – que celui de la consommation (eau, énergie…) « On a notamment investi dans un vélo-cargo pour livrer nos bières. Des bières conditionnées au maximum en caisse plutôt qu’en carton. On a aussi installé un système qui recycle la vapeur au moment de l’ébullition pour constituer une réserve d’eau. »

Brasserie Carnacus
Place Mommesin, à Charnay
06 99 33 35 33 – www.carnacus.fr