Posté le 25 novembre 2025 par La Rédaction

Ils ne chôment pas. À peine l’inauguration du colombier passée, la vingtaine de travailleurs bénévoles de Laizé-Blany culture et patrimoine a déménagé ses brouettes et truelles 200 m plus haut… au pied du four à pain de la Bouquine. L’édifice était en ruines, le restant des murs tout juste tenus debout par les arbres ayant depuis déployé leurs racines. « C’était devenu un vrai dépotoir« , retrace le président Jean-Paul Charbon, heureux de poursuivre l’aventure avec sa bande de copains. Des copains restés impliqués au gré des chantiers : le four à pain de Blany, le colombier au Pré du Maine et à nouveau un four à pain, celui de Laizé donc, ancienne dépendance du château de Givry devenu club hippique.

dsc 2682

img 20240226 143254

dsc 8145

dsc 8142

Un projet citoyen et solidaire

« Le chantier a débuté à l’automne dernier avec le déblayage et le retrait de la végétation qui avait tout envahi. » La démolition a suivi : « On est repartis de zéro« , ou presque, les fondations et menues traces du bâti originel ayant été conservées pour être valorisées une fois la restauration terminée. « L’objectif, c’est d’inaugurer au printemps 2027, pour nos 10 ans ! » En attendant, chaque jeudi, la joyeuse équipe est sur le pont, convoquant les gestes d’une carrière passée tantôt dans la maçonnerie, la charpente ou la métallerie… tâchant sinon de reproduire ceux des collègues, ravis de mettre leurs compétences au service du collectif. Car la tâche est d’ampleur et technique. Chaque étape du travail est toutefois soigneusement documentée par le président, ancien fonctionnaire territorial dans l’architecture ; plans à l’appui. « On sait dans quel ordre on procède. Aujourd’hui, par exemple, on pose la sole du four ! Là où l’on vient déposer les pains à cuire. » Ainsi les ouvriers s’activent-ils pour tirer la chape et préparer les dalles quand d’autres sont au montage des murs périphériques. Des murs en pierres – récupérées d’une démolition dans la commune – jointoyés au mortier de chaux. « Cet hiver, on s’occupera de tailler le bois à l’atelier. » De quoi poser la charpente et couvrir de lauze au printemps. S’ensuivra l’installation de la cheminée aux mêmes emplacements que ceux relevés sur le bâti d’origine. « On devrait être clos et couvert d’ici l’été. » De quoi s’atteler ensuite à la pose du sol en carreaux de terre cuite, à l’éclairage et à l’aménagement des abords.

maconnais laize four a pains equipe

Si chacun trouve ici un espace convivial où contribuer à un projet de réfection patrimoniale, tous se régalent aussi d’anecdotes autour de sa réalisation. Notamment le don du four par un habitant : « Il l’avait récupéré il y a 30 ans dans un château. Il ne manque pas une pièce et il est exactement aux dimensions. » Celui aussi du sculpteur Frédéric Leroy venu le premier exposer son travail au colombier. « Il a taillé un mitron dans une pierre en équarrie, sur la face avant du four… » Autant d’éléments à observer en détail pour mieux apprécier le soin avec lequel la réhabilitation aura été menée. Comme les autres édifices passés entre les mains des bénévoles, le four de la Bouquine fera l’objet d’une signalétique expliquant l’histoire, montrant l’état d’origine et les étapes ayant permis sa renaissance. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, des inaugurations, de visites officielles ou passages en promenade, la qualité des travaux est saluée. L’engagement des hommes et femme (une seule !) qui, semaine après semaine et pendant des années, s’affairent pour redonner vie au patrimoine en péril de Laizé et Blany, le périmètre d’action de l’association. « MM. Demousseau et Accary, respectivement maire et président de Département, nous ont même rendu visite ! » De quoi renforcer les liens déjà solides avec les institutions, reconnaissantes du travail mené sur le terrain par la bande d’infatigables bénévoles. Si la foi déplace les montagnes, la passion ici fait s’élever les murs, et c’est déjà pas mal !

Mécénat public

L’association a signé une convention avec la commune et la Fondation du patrimoine pour rejoindre la longue liste de projets soutenus par Stéphane Bern. Un gage de visibilité pour les bénévoles, à qui chacun peut manifester son soutien grâce à des dons (déductibles des impôts) aidant au financement des opérations. « Ensemble, œuvrons pour la sauvegarde de notre patrimoine vernaculaire !«