Il est des noms qui veulent tout dire. Des animaux, aussi, qui par la vie qu’ils mènent et la confiance nouée avec leur partenaire, n’en demandent pas davantage. What Else est de ceux-là. Installé avec trois copains dans le pré d’un agriculteur de la Veyle, le papy de 23 ans coule ici des jours heureux… Son bonheur n’a d’égal que les instants de complicité offerts à chaque visite de son ex-cavalière et amie de toujours : Alizée. Pour le marcher, le brosser, lui apporter des carottes et, parfois, prélever sur sa queue le crin servant à la création de bijoux artisanaux. Car si la jeune femme ne sollicite plus son cheval pour challenger les barres sur des parcours d’obstacles, elle continue d’entretenir le lien avec lui par le biais d’une valorisation – pour le moins originale – de ses caractéristiques physiques. Et notamment son crin, de queue surtout, matière première choisie par la propriétaire pour permettre à quiconque aime son cheval de garder un peu de lui sur soi. « En 2019, je me suis intéressée à ce que certains proposaient en ligne : des bijoux en crin de cheval. » Mais les prix sont exorbitants : plusieurs centaines d’euros, qu’Alizée réserve à d’autres investissements.


Fait main
Poussée par les encouragements de son compagnon à faire elle-même, la cavalière se lance, coupe à son cheval un bout de crin et tente une tresse… Il faudra de nombreux essais pour que l’artisane soit pleinement satisfaite. « Je suis allée en cachette prendre du crin sur les chevaux d’amies à qui j’ai offert des bracelets. » Elles ont adoré, elle a continué. Au point de créer sa société. Elle décline aujourd’hui son offre en bracelets, colliers, porte-clés, fioles agrémentées de feuilles d’or, d’une cinquantaine à moins de 100 € ; avec en tête l’idée de développer une gamme luxe.
Alizée s’essaie constamment à de nouveaux tressages repérés sur les réseaux. Et sait pouvoir compter sur une ressource inépuisable. « Le crin est très costaud, et imputrescible » décrit-elle, soucieuse de rendre en bijoux l’apparence du crin dans son état naturel. « Après découpe ou à réception de l’échantillon, je lave à l’eau et au liquide vaisselle bio. Deux bains au moins, plus si besoin pour retirer l’odeur à 100 %. Puis je mets à sécher sur une serviette, un jour ou deux, avant de tresser. » Tout est fait main, avec un grand soin porté à la réalisation et à l’uniformité du crin. « Il doit être parfaitement tendu et à la même dimension pour éviter qu’un brin ne dépasse… » Forte du bon référencement de son site, du bouche-à-oreille aussi, qui depuis 6 ans fait son œuvre, Alizée reçoit régulièrement de nouvelles commandes. De France, d’Europe, même de Biélorussie ; de propriétaires souhaitant, de leur vivant comme « une fois qu’ils sont au paradis », avoir de leur cheval un souvenir concret – à porter tantôt au cou, au poignet, ou à garder dans le sac. « Bien sûr je préfère tisser du crin de chevaux dont je sais qu’ils galopent… » Mais souvent, la commande est consécutive à leur perte et vient panser la douleur. À chacun, Alizée adresse en complément du bijou un petit mot de remerciement. Sachant plus que quiconque qu’au-delà de l’objet il y a la symbolique. Et l’amour, incommensurable, porté au cheval de sa vie.
Lien du crin
www.lienducrin.fr
