Au coeur de la Cité de l’entreprise, se niche un forgeron des temps modernes. Chez Tekna Plasma Europe SAS, il n’y a pas de monstrueux laminoir charriant des lingots en fusion. Pas même de masse ou de casque. On pourrait manger par terre tellement la poussière est bannie des lieux. Les ateliers du métallurgiste mâconnais ont plutôt des allures de laboratoire avec une poignée de personnes croisant calmement, en blouse blanche ou en vêtements de tous les jours. Au beau milieu trône une sorte de tour, haute d’une quinzaine de mètres et flanquée d’écrans de contrôle et d’ordinateurs. Rien ne dépasse à l’air libre.
Un chalumeau de 10 000 degrés
Au sommet de la tour se trouve l’essentiel du dispositif, hermétiquement enfermé dans son carcan métallique : une flamme qui atteint les 10 000 degrés, un éclair permanent qui transforme en poudre le titane, l’aluminium ou le nickel. Ces poudres font ensuite les délices des industriels de pointe, notamment ceux qui utilisent des imprimantes en trois dimensions pour sortir des pièces aux formes tarabiscotées, impossibles à usiner « classiquement ». Tekna fournit ainsi tous les fabricants d’avions et de fusées, d’automobiles et d’armement, les créateurs des actuelles et futures batteries électriques, ou encore les assembleurs de prothèses médicales.
Un géant mondial parti de rien
Rémy Pontone, impeccablement cintré dans un costume à la coupe millimétrée (comme tout ce qui se fait dans ces lieux) refait la géographie en souriant : « Nous gérons depuis Mâcon l’intégralité des activités du groupe pour l’Europe, depuis Barcelone jusqu’à Shanghai en passant par l’Afrique et le Proche-Orient ! » Le reste relève de la maison mère installée à Sherbrooke, au Canada. Au moment d’évoquer les débuts de l’entreprise en 2012, le directeur s’offre la fantaisie de citer… Coluche : « Il n’y avait rien, c’était un terrain vague. Même pas une mobylette ! » Il jongle ensuite sérieusement avec les dates et les chiffres pour rapporter la montée en puissance vertigineuse. Partie d’une feuille blanche, l’entreprise mâconnaise surfe désormais sur une vague de 30 % de progression annuelle. Son chiffre d’affaires a été de 4,6 millions d’euros en 2019, pour 17 employés, tous ingénieurs au moins.
L’avenir prometteur
Et la vague ne semble pas prête de retomber. Grâce à un investissement de 15 millions d’euros, la production doit passer de 90 tonnes à 500 tonnes sous deux ans, avec une utilisation renforcée de l’unique machine actuelle, puis le doublement de la ligne de production. Ce plan de développement prévoit aussi une vingtaine d’embauches.
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