Posté le 30 novembre 2023 par La Rédaction

La campagne. Une bande de potes. Un abribus et plein, plein d’affiches. Ainsi commence Bamboche.

Sur les panneaux fléchés des ronds-points, sur le poteau des feux tricolores, dans le coin des vitrines, aux murs des abribus… on voit sans voir ces milliers d’affichettes, souvent fluo, tantôt manuscrites ou chichement décorées, parfois carrément chiadées – « C’est ma nièce qui a fait, elle est dans la com’ ! », annonçant le loto des jeunes, le boudin des chasseurs, la kermesse de l’école, le concours de pêche, la tournée des conscrits ou le karaoké du samedi soir au bar du coin. Bref, la vie des villages.

Samy et sa bande ont voulu défendre le dynamisme des terroirs. Rendre visibles tous ces événements partagés au public, réservés dans les faits au seul cercle des personnes au courant, sur place et dispo ce jour-là. Apporter une réponse à la question qui revient chaque vendredi. On fait quoi ce week-end ? « Il y a plein de plateformes, de sites qui répertorient les dates à deux jours, une semaine ou un mois. » Alors on repère. On se dit « Tiens, pourquoi pas ? » On se promet qu’on y pensera… qu’on ira. Et puis on n’y va pas. « L’objectif, avec Bamboche, c’est d’avoir au même endroit toutes les sorties possibles sur un territoire donné – défini par géoloc’. De faire ses plans pour le week-end sans avoir à chercher où on a vu tel ou tel truc. » L’appli Bamboche, donc, c’est le projet d’une bande de potes. Tous, enfants des bords de Saône, exilés urbains mais défenseurs de l’attractivité des campagnes. Chacun son rôle, dans l’équipe : à Vivien et Cyril, le développement. À Laurent, le design. À Samy et Noélie, la promo. Tant auprès de la presse, que des organisateurs eux-mêmes. Car – et c’est là toute la clé du concept -, c’est à eux que revient la responsabilité de référencer leurs événements. « D’où le gage d’exhaustivité. » Aux présidents d’association. Aux restaurateurs. Aux professionnels du tourisme. Aux maires, aussi… « Souvent, ils déplorent la situation de leur commune dans une zone blanche, sur le plan touristique. Sans point d’intérêt, ni vraie raison de faire le détour. » Pour eux, Bamboche est l’occasion de montrer combien leur commune vit, combien ses acteurs locaux sont actifs et investis. Et combien ils gagnent à être connus. « À l’inverse, les grands sites touristiques drainent facilement les gens de passage, mais peinent à attirer les locaux. On a toujours tendance à moins s’intéresser à ce qui est près de chez soi. » Pour eux, Bamboche est l’occasion de faire valoir la pluralité de leurs activités. De montrer qu’on vient à Solutré pour se faire conter la légende, mais aussi pour faire du yoga au sommet au lever du soleil ! « La force de Bamboche sera d’annoncer à la fois le concert des Rolling Stones au Groupama et celui d’un groupe qui reprend leurs titres au bar du coin… L’idée n’est pas de rejouer David contre Goliath en opposant Paris aux régions. Toutes ont à faire valoir. » Pour le lancement de son appli, Bamboche a récupéré les données de Décibelles Data, qui recense à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté l’ensemble des manifestations du territoire. « C’est un début car, à terme, ce sont nos abonnés – les organisateurs dans la mesure où ils ont un Siret – qui entreront leurs infos et alimenterontla liste des idées sortie. » Un début aussi parce que Bamboche ne vise pas seulement la région. « L’objectif, une fois que l’appli sera opérationnelle, est de déployer sur la France. Si ça marche ici, alors pourquoi pas ailleurs ? » Côté utilisateurs, l’équipe promet une interface lisible, intuitive. « Type Leboncoin. » Et s’engage, au moins les premiers temps, à une absence totale de pub. « À terme, on aimerait développer les suggestions. Selon le profil des utilisateurs, les inviter à participer à telle ou telle manifestation… Encourager l’échange interrégional, aussi, en réunissant, entre autres, les fêtes de l’huître à Cancale et du citron à Menton. » Est Bamboche, tout ce qui facilite la rencontre et cultive l’esprit de fête.

Pourquoi Bamboche ?
C’est un mot qui a été sorti des tiroirs par le préfet de Centre-Val de Loire quand, Covid oblige, il a fallu s’enfermer. « La bamboche, c’est terminé ! » avait-il déclaré. Depuis, le mot est resté. « Il est à la fois désuet et terriblement trendy ! » Le terme parle en effet tant aux anciens, puisqu’il était largement usité à l’époque, qu’aux jeunes, dans le vocabulaire desquels il est désormais bien installé.