Posté le 25 février 2026 par La Rédaction

Il sera sur la scène du Oh ! Bugey festival vendredi 17 juillet, dans le parc René-Nicod. Rencontre avec un artiste affranchi.

• Quel premier souvenir gardez-vous de votre rapport à la musique ?
Un rapport à l’objet casque. Mon premier souvenir, c’est ce truc incroyable qu’on met sur les oreilles et d’un coup, il y a du son qui sort ! J’ai 5 ans et le premier disque que je choisis de mettre, c’est That’s The Way of The World d’Earth Wind & Fire, et ce titre, Shining Star. Je le mettais tout le temps.

• Quel aurait été le plan B, si votre vie n’avait pas tourné autour de la musique ?
La musique, c’était le plan B ! Le plan A, c’était de faire Star Wars. Mais ça avait déjà été fait et c’était très compliqué de me lancer à 7 ans… Je rêvais de faire des films et des effets spéciaux.

• Aujourd’hui, vous touchez à toutes les facettes du métier. Où vous sentez-vous le mieux ?
C’est une schizophrénie totale. Chaque petite partie est un petit bout de moi. Je crois que l’endroit où je suis moi à 100 %, c’est quand je chante sur scène. Ça rassemble tout.

• Vous avez la réputation d’être un électron libre. Est-ce évident dans un monde très codifié ?
Non, ça a été très complexe. Mais mon chemin m’a permis d’être absolument libre. Il faut faire des sacrifices, bien se regarder, être capable de nommer ce qu’on veut vraiment, et savoir ce qu’on n’aura pas. Courir après des chimères mène souvent à la déception.

• Vous avez été juré dans Nouvelle star, quel conseil avez-vous donné aux candidats que vous avez tâché d’appliquer vous-même ?
C’est d’être le plus proche de soi, et de ne pas avoir peur d’être différent et singulier. La peur dit qu’il va se passer quelque chose, c’est là qu’il faut aller.

• Considérez-vous que chaque album a été le reflet de votre vie d’homme ?
Il y a des disques qui ont été plus vrais que d’autres. La Bonne attitude notamment, a été une sorte de prémonition. C’est très étrange, les chansons décrivaient ce qui allait se passer. C’était un peu flippant quand je me suis rendu compte de ça, quelques années après. Quand on est vraiment impliqué dans un travail créatif, on va puiser des choses au-delà de la réflexion. Dans l’air du temps, dans des sphères différentes, dans des ressentis, des connexions avec d’autres gens. Il y a parfois aussi une sorte d’intuition. Ça sort et on se sait pas pourquoi, mais on n’a pas besoin de l’analyser. Ça sort, un point c’est tout.

• Quels sont vos top titres, d’autres artistes ?
En ce moment, j’adore Little Simz, je trouve que c’est une artiste incroyable. C’est un peu dans la même veine, mais j’adore Sault. Pareil, des Anglais. J’adore. La musique, pour moi, c’est anglais. Étonnant, pour un mec qui défend Prince, mais Prince avait un côté anglais dans sa manière d’aborder la musique… J’aime aussi beaucoup la musique instrumentale.

• Comment est-ce que vous déconnectez ?
Je suis un énorme geek. Je fais beaucoup d’images, je bosse pas mal avec l’IA, les LLM…  Je suis en train de comprendre par quoi on va être mangés et je trouve ça très intéressant. Je fais aussi beaucoup à manger. Je cuisine midi et soir.

• Vous êtes de retour sur scène. Ce temps en retrait était nécessaire ?
Il fallait que je fasse un énorme ménage. Un moment faut arrêter la fuite en avant, se poser et changer de costume. Ça m’a pris du temps, mais ça m’a aussi permis de comprendre tellement de choses… Je me suis barré de Paris pour m’installer à Arles, j’ai remonté plein de choses. Je me suis affranchi de mes angoisses et de mes dépendances. Je renais. Je me sens en paix aujourd’hui.

• Vous avez entamé fin d’année dernière la tournée Lumière. C’est bon de revenir ?
C’est meilleur, même. Parce que j’ai plus peur de rien. L’intérêt, c’est d’être en liberté totale, de se mettre en connexion avec les gens et de faire naître des émotions partagées. On a une setlist, on sait à peu près ce qui va se passer, mais l’important, c’est que les gens en face de moi partagent ce moment où on se chauffe et on s’éclate. C’est aussi fait avec plus de maîtrise et de légèreté. Je ne joue pas ma vie chaque soir, je n’ai plus peur que les gens me jugent. C’est mieux qu’avant, simplement.

• Indomptable, donc, mais pas sauvage !
Je suis sauvage quand on commence à me mordre. Sinon pas du tout, au contraire ! Aujourd’hui on a la tête dans le téléphone, chacun fait face à un monde complètement factice. La scène reste un endroit où, pendant 2 h, on peut être en connexion. Et on vit un moment unique, parce que chaque concert est différent. Comme nous on joue tout, y a forcément des variations. On passe un moment réel et vibratoire, ça fait du bien à tout le monde.

• Vivez-vous les festivals différemment que les concerts en salle ?
C’est sûr ! Le plein air apporte un peu plus d’énergie. C’est ouvert et y a une ambiance estivale donc c’est encore un autre trip…

• Vous venez à Oyonnax vendredi 17 juillet, c’est une région que vous connaissez ?
Pas du tout.

• Prévoyez-vous de vous balader ou le timing est serré ?
Que dalle ! Sinon la tournée, elle dure 3 ans ! Ce que j’aime dans les tournées, c’est d’arriver à un endroit et me faire mon idée de ce que c’est avec les gens que je rencontre. Si l’endroit est beau, je vais saisir le temps de faire un petit tour, et je repars. Et il y a ce truc assez trippant : j’ai l’impression d’être un peu… « un guérisseur ». On arrive dans un endroit, on fait du bien et on s’en va. On a le temps de percevoir des gens hyper contents, nous aussi, c’est hyper agréable comme sensation.

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©Nina Blanc-Francard