Le 13 septembre 2017, Paris s’est vu confi er les Jeux olympiques 2024. Immédiatement, la Ville de Mâcon s’est mis à l’ouvrage.
Objectif : devenir une base arrière pour les équipes nationales.
Cette action municipale à long terme a porté ses fruits. Le 6 octobre 2020, la cité de Lamartine a été officiellement désignée par le comité d’organisation des JO comme Terre de Jeux pour cinq sports : escrime, lutte, équitation, aviron, athlétisme. Le rugby à 7 s’est même rajouté très vite aux disciplines ayant trouvé accueil dans la préfecture de Saône-et-Loire.
Mâcon dans le catalogue
L’adjoint aux sports mâconnais, Jean Payebien, ne boude pas son plaisir : «Nous avons rempli le cahier des charges. Nous avons complété un questionnaire, décrit nos structures.» Mais il ne crie pas victoire: «Maintenant, nous figurons dans le catalogue. Les délégations vont faire leur choix!» Et interdiction de faire du lobbying! Jean Payebien est catégorique: «C’est rigoureusement interdit!» La proposition est valable pour les Jeux Olympiques, mais également paralympiques, du 26 juillet au 11 août 2024. Jusqu’à cette date, les sportifs du monde entier se préparent. Comme monsieur toutle- monde, ils se déplacent, se nourrissent et se distraient. Eux en plus s’entraînent, se soignent. À Paris, c’est difficile et cela coûte cher. D’où le repli en province. Et le choix de Mâcon, évident.La ville compte d’abord sur sa situation géographique : un TGV, une autoroute, deux aéroports internationaux bien proches. À ces atouts objectifs, Jean Payebien ajoute la douceur de vivre: «C’est une petite commune relativement tranquille!» De fait, il est facile de se déplacer d’un bout à l’autre de la ville. Et, surtout, il est facile d’y trouver des installations sportives performantes. Le centre équestre de Chaintré accueille depuis plus d’une décennie un Grand Prix trois étoiles et des stages de l’équipe de France, obstacles comme dressage. L’escrime et la lutte disposent de deux salles particulièrement fonctionnelles. Le maître d’armes, Denis Chopard, contemple ses douze pistes permanentes aux Saugeraies: «Avec 10 pistes supplémentaires, ça peut vite devenir un événement!» Le complexe Fernand-Velon ne rougit pas. Il a servi de cadre aux championnats du Monde juniors de lutte en 2016. Le stade Marie-Josée Perec est flambant neuf, rare par les temps qui courent. Il date de 2018 et a été conçu d’emblée aux normes internationales. Fort d’une pelouse pimpant, d’un éclairage et d’une salle de musculation flambant neufs, le rugby s‘est ajouté à la liste. Encore plus rare, le bassin d’aviron. Comme disait Jules César_: « La Saône coule si doucement qu’on ne sait pas dans quel sens elle va!» Plus expert en sports olympiques, Bernard Rey se pourlèche d’avance: «Aussi près de la Maison des vins, ça n’existe pas!»
Le bassin d’activités nautiques d’actualité
Mais en homme d’entreprise, le président des Régates mâconnaises nourrit un projet supérieur: «Le bassin d’activités nautiques sur la rive gauche créerait un environnement ludique. Cela favoriserait l’installation d’entreprises et d’une population jeune!» Le chantier est plutôt simple et peut encore être réalisé avant 2024 : creuser un bassin tout droit de 2 kilomètres sur 100mètres de large (pour dix couloirs de bateau). La terre enlevée sert à réaliser des butées pour que les spectateurs puissent y suivre les courses. Pas de bâtiment à construire. Durée des travaux_: un an. Bernard Rey a une autre casquette, toute aussi large. Il est le président du Centre omnisport qui peut fournir le gîte et le couvert à quelque 160 sportifs par jour: « Ces prestations de cuisine et d’hébergement présentent un intérêt fantastique!» Il ne serait pas surprenant de voir, dans les quatre années prochaines, déambuler dans les rues de Mâcon des sportifs portant des survêtements chamarrés aux couleurs de leur pays.