Posté le 1 avril 2024 par La Rédaction

« J’ai été infirmière pendant 17 ans… » Une première carrière, dont Magali a gardé les codes pour être aujourd’hui bien plus qu’une photographe. Elle est cette amie drôle, bordélique, pas guindée ; celle à qui l’on vient dire et montrer. Celle que l’on croirait – en un rien de temps – connaître depuis 1000 ans. De la photo, Magali a tout appris par la pratique : par le faire, faire encore et jusqu’au « Là, d’accord ! » Son art est guidé par son coeur. Par l’observation d’instants cumulés et l’idée de ce que l’un ou l’autre pourrait donner dans l’objectif. Par la rencontre, aussi. « Oui, il y a de la retenue, mais le naturel prime » et les pans de vie partagés font le liant de chaque séance. Magali tutoie, toujours. Et joue de sorties improbables pour susciter l’émotion. « Imagine que tu veux manger une glace et que ta maman dit non » lance-t-elle à la petite fille dont le portrait – les yeux goulus et la moue boudeuse – en noir et blanc trône en bonne place au studio. Une suggestion, parmi de nombreuses autres qui tantôt en appellent à la joie, la fâcherie, la surprise ou la nostalgie.

Ce que Magali préfère, ce sont les photos de famille. Parce que disant l’amour, vrai mais vache, vache mais vrai, et la belle complicité entre parents, frères et soeurs d’une même tribu. « Les photos de femme aussi. » Parce que montrant chacune dans les yeux d’une autre. Parce qu’offrant un regard bienveillant sur un corps dont jamais, on n’est contente ni fière. Parce qu’étant le reflet juste, sans fard… et beau, de ce que l’on est. « La photo parfaite, c’est la photo qui plaît. » Celle qui parle et dit ce qu’il faut. Celle, fruit d’une confiance réciproque. Et pas – forcément – des meilleurs réglages. Depuis quatre ans, Magali vit, vibre surtout, l’appareil autour du cou. Et reçoit les récompenses méritées à son travail. Le titre de Meilleure portraitiste de France, mention Honneur, par la Fédération française de la photographie et des métiers de l’image (FFPMI). La médaille bronze catégorie Bébé aux Médailles de la photographie professionnelle française. Plus celles à venir encore.

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© Mag passion photographie

L’œil et l’âme

On dit d’elle qu’elle est une perceuse d’âme. Davantage encore, avec cette nouvelle proposition. Celle de photographier l’iris et d’en faire une oeuvre d’art. Magali s’est formée auprès de Romain Bebon, lequel accueille dans son studio de Bourg de nombreux photographes souhaitant marcher dans les pas de Francis Giacobetti. « Je fais de chaque photo un tableau ! » promet la professionnelle, soucieuse d’exprimer sa créativité ailleurs que dans la photo strictement : « On touche à l’art digital. » L’occasion de composer une image qui, sur la base de l’iris, central et roi, soit le reflet fidèle de la personnalité de chacun. De nouveaux objectif et flashs, adaptés pour la photo macro, sont venus compléter l’attirail de Magali qui, après capture des deux yeux, sélectionne celui offrant le plus de détails. « C’est toujours différent. » Et toujours impressionnant. Les couleurs changent bien sûr, les taches, la texture… Une dizaine de minutes suffisent à prendre les photos. Une heure à créer le tableau, agrandi sur plexi, alu dibond ou cadre lumineux. J’ai testé pour vous et découvert, par le biais de l’oeil gauche, préféré au droit parce que plus irrégulier, que mes yeux verts étaient en fait un mélange de bleu et de marron. Et découvert, par l’interprétation de Magali, que l’univers autour était empreint de terre, d’eau et de ciel. De magie enfin, comme un peu tout ce qui passe entre ses mains.

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Expo Regards de femmes, jusqu’au 13/04 salle François-Martin de Mâcon