Posté le 9 septembre 2026 par La Rédaction

Quelle place tient le travail dans notre vie ? C’est la question que pose… non sans quelque humour grinçant, la compagnie Ces Messieurs sérieux. L’autrice Sarah Berthiaume a choisi comme titre tout un concept – celui, japonais, consistant à déguster des sushis sur le corps nu d’une femme – désigné donc par le terme « nyotaimori ». Une création décrivant la vie de Maud, tiraillée entre sa vie personnelle et son marathon professionnel régi par la quête de performance et l’injonction de réussite. Dénonçant, moquant, avertissant, l’autrice aborde ici le travail sous l’angle de la mondialisation, avec des missions qui dépassent la seule sphère professionnelle pour empiéter peu à peu sur celle privée jusqu’au piège du burn-out. La pièce passe de la comédie au drame, la vie de rêve de Maud virant au cauchemar, à mesure que grandit sa soumission au capitalisme sauvage… « J’ai exploré le thème du travail pour voir comment il s’inscrit dans nos corps, comment il nous habite au point de nous définir. » En quoi le travail est-il un marqueur de l’identité ? La surconnectivité n’est-elle pas une nouvelle forme d’aliénation ? Ici Maud la journaliste finit par rêver de devenir une table à sushis tant elle est épuisée. Rester allongée, plutôt que se soumettre à produire. « Une fin non consensuelle qui pousse volontairement au débat : jusqu’où le néolibéralisme peut-il détruire notre corps et notre esprit ? » interroge le metteur en scène Renaud Diligent. La pièce est portée par les créations de Gabriel Afathi, membre du duo électro-pop indé The Georges Kaplan Conspiracy ; et la dramaturgie de la musique pensée comme l’allié du piège qui se referme sur Maud.

Nyotaimori
Jeudi 12 novembre, à 20 h au théâtre Les Arts de Cluny
Durée : 1 h 25
À partir de 14 ans
Tarif : 12 à 17 €
Avec : Sébastien Chabane, Claire Théodoly, Elisabeth Hölzle

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