Posté le 18 juin 2024 par La Rédaction

Un moment historique. C’est ce qu’ont vécu les habitants de Saint-Genis-sur-Menthon début avril avec la réouverture du seul commerce du village, trente ans après avoir accueilli ses derniers clients. Avec le Champ du pain, c’est le nom de l’auberge, les boulangers Florine Deroche et Tristan Darcq se lancent un nouveau défi : un commerce multiservice où boulangerie et restauration sur place ne font qu’un. Clin d’œil à l’activité de la restauratrice Suzanne Monier qui les a précédés dans ce même lieu pendant 45 ans. À peine rentrée, l’ancienne propriétaire des lieux reconnaît ces mêmes tables en noyer qui trônaient dans son restaurant dans les années 1970 et ces chaises d’époque. Une fresque de photos d’elle et de Gabrielle Cornaton, sa prédécesseure, habille un pan de mur entier, à l’entrée de l’auberge. Hommage en noir et blanc à ces deux femmes dévouées au commerce dans la commune. Tout près de la boulangerie et d’un espace de vente de produits fabriqués par des agriculteurs du coin, ont été aménagés un bar et une salle de restauration de 40 places assises.

val de saone champ du pain portraits

Ramener de la vie au village

À Saint-Genis, la clientèle est accueillie sur place par Aylin, sœur de Florine, pour qui le défi est aussi grand que passionnant. La jeune femme, âgée de 20 ans, ne se démonte pas : « J’ai déjà de l’expérience en vente. Mais là, il va falloir travailler sur plusieurs fronts : la boulangerie, la vente de produits et les plats à servir en salle… » Après quatre ans d’études, un an de travaux, beaucoup d’investissement et d’échanges avec les différents partenaires, les commerçants ont sauté le pas avec un objectif en tête : celui de ramener de la vie dans le village. Le couple est habitué à l’exercice ; il lançait son commerce il y a quatre ans, en plein Covid, dans la commune voisine de Saint-Jean-sur-Veyle. Une aubaine pour la municipalité, qui n’y croyait plus. « Quand ils sont arrivés et sont rentrés dans la mairie en expliquant qu’ils avaient appris qu’il y avait une boulangerie à reprendre, nous nous sommes tous pincés ! » raconte la maire du village, Agnès Renoud-Lyat. Depuis, l’aventure continue. Le duo, diplômé du Cecof à Ambérieu-en-Bugey, a su convaincre par ses produits faits maison et conquérir une clientèle bien plus large que leur simple commune. De bon augure pour ce second projet à Saint-Genis-sur-Menthon. « Maintenant, il n’y a plus qu’à ! »