Posté le 22 juin 2022 par Marine Chevrel

Début avril, le collectif de céramistes posait ses valises aux portes de Mâcon, à Saint-André-de-Bâgé. Et créait là un studio de production, d’où sortent chaque jour plus de 100 pièces… Le rythme est lent, le geste appliqué, la passion prégnante. L’histoire de Minuit céramique, c’est celle de Sarah et Jasmine. Et d’une cinquantaine de céramistes, installés partout en France. Voilà deux ans, les deux jeunes femmes, qui partagent l’amour du beau, échangent sur Instagram. L’une suit de près les créateurs. L’autre baigne dans la poterie par sa mère. Sensibles au sort des artisans au moment du deuxième confinement, charmées aussi par l’univers « cousu main » des céramistes, Sarah et Jasmine entreprennent de créer un e-shop. Elles sont alors toutes deux de parfaites ambassadrices du digital. Une première vente, avec 15 artisans au départ, en appelle d’autres. Le succès est total, les liens se tissent et le réseau s’élargit. L’an dernier, Minuit organisait quatre ventes collectives. Et chaque fois : « Carton plein ! »

Ensemble

Le collectif réunit 47 céramistes. « Tous dans un style similaire, mais chacun avec sa personnalité. » Les séries sont petites, les pièces uniques et souvent écoulées en un rien de temps. Pas un, parmi les artisans, ne souhaite « produire à grande échelle » . Mais la demande est là. Ainsi les deux filles ont-elles créé un studio où, en marge de créations originales – coulées dans des moules en plâtre – elles déclinent celles d’artisans partenaires, variant tantôt la couleur, le motif ou la matière. Voire l’objet support. « De quoi permettre un réassort des produits les plus plébiscités tout en gardant l’ADN des créateurs. » Minuit céramique mise sur une collab’ par mois. En juillet, il proposera des pièces inspirées des objets de Gabrielle. « Les dessins de la créatrice seront adaptés sur de la vaisselle. »

En phase

« Quelque chose est en train de s’installer », pense-t-on à Minuit. Le genre à repenser les schémas… À accepter d’attendre, avant d’avoir. « Entre le lancement de la créa et l’obtention d’une pièce finie, il y a entre deux et trois semaines. » Accepter d’y mettre le prix, aussi. « Oui, on paie une tasse 25 €, mais c’est pour la vie. » Et arrêter de viser toujours plus, toujours mieux, toujours plus vite. « Il faut éduquer, donner goût au juste milieu. » En plaquant leur carrière dans l’informatique pour s’investir corps et âme dans l’artisanat français, les filles ont franchi le pas. Résolues à avancer. Dans le bon sens.

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