Il est installé dans le Revermont, dans l’Ain, mais c’est au Nord qu’est son vrai terrain de jeu… Et à Brénod, dans l’Ain toujours, que découvriront le leur les participants à la première édition de Terra Belizium. Rencontre avec Julien Abbate, aventurier professionnel et coorganisateur d’un événement sportif inédit dans le Haut-Bugey.
Il n’est pas d’âge pour avoir le déclic. De ceux qui chamboulent, et font d’un détail l’ingrédient du reste de sa vie. Julien a 6 ans, quand dans les pages de Picsou, il découvre le Yukon. Les grands espaces, les étendues sauvages. Une nature XXL dont il s’imprègne par tous les moyens, sans attendre d’avoir l’âge ni les ressources financières ou logistiques pour partir à l’aventure. « J’allais dormir dans la forêt. » Et, plus tard, explorer la nature… Julien a voyagé, même vécu un temps à l’étranger. Mais jamais il n’a été plus à l’aise que dans l’hémisphère nord. « C’est un biotope que j’affectionne tout particulièrement. » Plutôt qu’à pied, il s’y déplace en kayak ou canoë, sur de longues distances. Des 800 km sur 15 jours, seul et en autonomie. Son paradis. Bien sûr, il y a eu des imprévus. Des courants (trop) forts. Du matériel perdu. Des rencontres impressionnantes, avec des animaux restés rois en leur monde. Autant de situations que l’aventurier a pris soin d’anticiper pour réagir intelligemment… Car s’il aime devoir composer avec ce que la nature lui offre, ou lui réserve de surprise, Julien tient à son objectif : celui de rentrer sain et sauf. « J’évite de me mettre trop en danger. » Aussi ne part-il plus seul. Une condition posée par la famille. Une sécurité, un nouveau plaisir à partager, profiter ensemble et avancer, si ce n’est plus vite, alors plus loin. S’il aime à fouler, en silence et dans le respect de l’immense, les terres froides et reculées du Canada, de la Laponie, de l’Argentine, Julien propose aussi à qui ose de le suivre pour goûter, dans un format safe car encadré, au plaisir grisant de la découverte et du dépassement de soi. Une autre dimension pour l’aventurier, qui endosse là le rôle de celui qui sait, qui gère et qui rassure… Cette passion qui le tient depuis petit, il en a fait son métier, concrétisant au passage un rêve de gosse. Le rêve de tout gosse. Celui d’être, « un jour quand je serai grand », un aventurier. Soutenu désormais par des marques apportant chacune sa contribution – tantôt financière ou matérielle -, il fait de chaque nouveau départ à l’aventure l’opportunité de sortir de la zone familière et confortable, pour se frotter à l’excitant lointain. « J’en découvre chaque fois un peu plus. » Sur le monde et sur lui.
Une réplique de « Koh-Lanta »
C’est ainsi que Julien et son acolyte Damien Iarussi, coach sportif, présentent ce qui compte parmi les rendez-vous à ne pas rater cette saison. « Damien est venu sur l’un de mes stages. Et revenu en expédition dans le Yukon. » Leur passion commune pour le sport et la nature a fait le reste. Dès leur retour du Canada, le projet a pris corps, chacun apportant à l’édifice son expertise et ses idées. Le nom d’abord. Terra Belizium, qui se veut la traduction approximative de « Terre du Bugey ». Le concept, ensuite : « On sait que Koh-Lanta plaît, nombreux sont ceux qui veulent s’inscrire… » Si le duo profite de la notoriété du programme pour donner une idée du contenu, il compte bien aussi marquer la rupture et assumer son format singulier une fois l’expérience inaugurée. « Les participants de l’aventure Terra Belizium reconnaîtront le modèle de Koh-Lanta : deux équipes, chacune sur un camp, la survie, les épreuves sportives et les conforts ! » L’aventure est donnée pour durer 3 jours : du vendredi au dimanche, à raison d’une ou deux épreuves par demi-journée. « Ça demande du physique », prévient Julien. Du mental aussi, pour permettre à tous les candidats quels que soient leurs atouts d’aller loin dans le jeu. « Chaque équipe comptera en plus de ses membres un guide Terra, chargé de veiller à la bonne entente au sein du groupe. » Le binôme Julien-Damien sera installé dans un hameau à proximité, et un secouriste se tiendra prêt à intervenir en cas de besoin. « On a regardé avant de se lancer. Rien n’existe encore sous ce format, mis à part à la journée dans le cadre de séminaires d’entreprise. » Il en coûte à chacun 350 € pour tenter l’aventure. Celui qui l’emporte reçoit un chèque à valoir chez Decathlon et un totem sculpté « qui changera chaque année ». Car si l’équipe mise sur le plein succès de son projet, de par sa qualité et l’attrait – nouveauté oblige – qu’il saura susciter, elle entend aussi l’installer dans le paysage haut-bugiste. Et la pérenniser. « On n’a qu’une frustration : ne pas pouvoir participer ! Ça va être génial, vraiment. »

Terra Belizium
Les 2, 3 et 4 mai. Tarif : 350 €/personne
terrabelizium@gmail.com – www.kaio-experiences.com

