Dans chaque carton, un trésor. Julien Édouard cumule à l’atelier bon nombre de consoles et jeux qui, oubliés un temps dans les placards, ressurgissent pour le plaisir de disputer à nouveau une partie… « Souvent aussi, pour partager avec la jeune génération le patrimoine de son enfance. » Car le jeu vidéo a cela de délicieux qu’il fait poindre mille et un souvenirs autour des personnages dont on a dirigé plus tôt les aventures. « C’est une madeleine de Proust. Il y a toujours une anecdote à raconter ! »

Julien quittait il y a deux ans son poste de développeur web pour se consacrer à sa passion. J’étais trop déconnecté de la réalité, confie-t-il. Alors il s’est reconverti – sans s’éloigner complètement des écrans – en misant davantage sur le contact humain que sur les lignes de code et œuvre depuis – avec la Clinique du jeu vidéo – à la remise en état des consoles. « C’est plus simple sur de vieux modèles, même si les pièces sont plus difficiles à trouver… car plus fabriquées. » Julien assure chaque fois qu’il le peut la réparation des appareils, rendant à leur propriétaire la joie de pouvoir goûter à nouveau aux images, musiques et mouvements saccadés de leur jeu préféré. « Et quand ce n’est pas possible, je récupère des pièces qui serviront à en réparer d’autres. » Très attaché à la dimension émotionnelle du jeu vidéo – « J’ai eu le cas de personnes soucieuses de faire découvrir à leurs enfants, ou petits-enfants, la console sur laquelle elles avaient passé des heures à leur âge… » – Julien sait l’importance de transmettre ce qui constituait à l’époque, et aujourd’hui toujours, la plus plébiscitée des activités intérieures. « On le voit avec l’essor du rétro gaming et les fabricants qui sortent d’anciens modèles avec de nouvelles fonctionnalités, type Game Boy avec écran rétroéclairé. Mais je ne suis pas sûr que l’on retrouve dans ces versions l’âme des jeux tels qu’on les a connus… » Aussi Julien préfère-t-il « ne pas trop aller dans le moderne ». Façon de laisser la vente des consoles récentes aux enseignes spécialisées : « Je ne veux pas marcher sur leurs plates-bandes. » Façon aussi de défendre un mode de consommation plus responsable, avec l’option de réparer (y compris des modèles de nouvelle génération) plutôt que de jeter puis racheter. Ce, malgré la stratégie des grandes marques qui, pour inciter à l’acquisition de leurs derniers modèles, ferment les serveurs, empêchent les mises à jour et rendent obsolètes les versions de console précédentes. « Les bidouilleurs arrivent toujours à trouver des alternatives… »

Événementiel autour du gaming
Quand il n’est pas à l’atelier, Julien organise des tournois entre joueurs amateurs. « J’ai lancé ça début d’année. » Fin février notamment, les nostalgiques et restés fans de Mario Kart ont pu venir se mesurer à d’autres à la Raffinerie. Lui apporte le matériel et anime, tandis que les participants retrouvent quasi instantanément leurs réflexes, partageant avec leurs adversaires la joie de parties comme à la maison autour de personnages qui fleurent bon les années 1990. « Ce n’est pas seulement du divertissement. » C’est une expérience qui rassemble. Si Julien valide son concept en local, il entend bien le développer au-delà des seules frontières du Mâconnais. Car le jeu n’en connaît pas. Retenez le nom : Press Start Events.

La Clinique du jeu vidéo
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