Posté le 22 juin 2022 par La Rédaction

Elle est née à Bourg, mais c’est à Saint-Étienne-sur-Reyssouze que la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, a vécu toute son enfance et son adolescence. Et à Pont-de-Vaux que se sont déroulées ses premières années d’étudiante. Guy Mortel, parmi ses professeurs de l’époque, se souvient d’une élève brillante : « Elle était douée dans toutes les matières. Particulièrement en maths et, bien sûr, en français. Elle aurait pu s’orienter vers une carrière scientifique, mais sa passion littéraire l’a emporté. Elle a néanmoins passé le Bac philo avec option mathématiques, comme cela se faisait à l’époque ». C’est au lycée Lamartine de Mâcon que la toute jeune Isabelle Lonvis décroche ce premier double-diplôme avec mention. Ça n’étonnera pas ceux qui l’ont connue… À l’instar de Pascal Coulas, l’un de ses camarades de classe : « J’ai fait mes 4 années de collège dans la même classe qu’Isabelle. Elle était la plus jeune, et en même temps au-dessus de nous tous. Mais c’était une fille simple, sans façon et très sympathique ».

Sa nounou Maryvonne Pagneux se souvient, elle aussi. « Je l’ai eue quand elle avait 3 mois. J’étais nounou à domicile. Isabelle était une enfant très agréable et gentille comme tout. Plus tard, je suis toujours restée en contact avec les Lonvis, et j’ai connu tout le parcours d’Isabelle, jusqu’à ce qu’elle se marie. Je suis vraiment très heureuse pour elle. Quand je la vois parler à la télé, je retrouve l’aisance qu’elle avait, jeune fille, avec une certaine assurance et de la décontraction. » Guy Mortel, qui fut un ami des Lonvis, se souvient de sorties de ski familiales, au cours desquelles ses enfants et Isabelle Lonvis s’en donnaient à coeur joie. Et puis cette anecdote : « Je ne sais pas si Isabelle chante toujours, mais elle aimait chanter. Je me souviens d’une sortie, où notre bus s’est trouvé pris dans la neige. Les équipements de l’époque n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Le bus avançait, nous étions tous inquiets. Et puis, Isabelle s’est mise à chanter, les autres enfants ont chanté avec elle. Ils ont ainsi chanté jusqu’à l’arrivée et ne se sont plus préoccupés de la neige. L’angoisse était pour nous, les adultes… » Après le Bac, la faculté de droit à Lyon a suivi, avec l’obtention d’une licence, avant qu’elle ne décide de tenter simultanément les concours d’entrée à deux grandes écoles : celles de la magistrature et des avocats. Et de réussir les deux !

Isabelle Rome-Lonvis (au centre), son frère Jacques Lonvis, leurs enfants, devant la plaque Albert Lonvis. C’était en 2019.

Plus jeune juge de France

Isabelle Lonvis a longuement hésité avant de rejoindre l’École de la magistrature à Bordeaux. Plus jeune diplômée, elle sera également la plus jeune juge de France, nommée, à l’âge de 23 ans, juge d’application des peines auprès de la juridiction de Lyon. Son premier professeur de mathématiques de conclure à son sujet : « Isabelle, qui a toujours été d’une grande simplicité, est issue de l’école de la République. C’est un bel exemple de réussite ! » Fille d’Albert Lonvis, entré dans la Résistance alors qu’il n’était qu’étudiant, de parents – avec sa maman Annette, institutrice – dévoués à leurs élèves sans jamais compter leurs heures, lorsqu’ils furent enseignants, afin qu’aucun de ces enfants ne quitte leur école sans maîtriser les matières fondamentales. Et dévoués à leur commune, auprès de laquelle ils se sont investis bénévolement durant de nombreuses années, en particulier Albert Lonvis au bénéfice de tous les jeunes de son village… Pour avoir vécu dans cette ambiance de citoyenneté, Isabelle et son grand frère Jacques, devenu médecin, avaient devant eux un chemin à suivre : celui de l’égalité des chances. Là où se tient la ministre aujourd’hui.


La commune de Saint-Étienne-sur- Reyssouze a rendu hommage à Albert Lonvis, son père, en septembre 2019 en donnant son nom à la place de la Mairie. Celle qui était déjà haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au sein du ministère de la Justice et deviendra, fin 2019, une figure du Grenelle consacré aux violences faites aux femmes, est venue avec sa famille dévoiler la plaque apposée devant la mairie. Mission accomplie en toute simplicité, sans que ceux qui les entouraient ne soupçonnent son statut de haut personnage de l’État.